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CG8-17567.md| identifiant | CG8-17567.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/04/06 00:00 |
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| titre | Napoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17567. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bordeaux, 6 avril 1808</h2><p>Mon
frère, dans votre lettre du 31, je vois que le sieur Beauharnais a
fait une scène à la reine d’Étrurie<sup>[^1]</sup>,
parce qu’elle vous avait vu. Cela me paraît très singulier. Je
crois le sieur Beauharnais un intrigant de coulisses ; je lui
crois peu d’esprit ; mais je suis loin de le croire un
traître, et, si ce que je lis dans votre lettre est sûr, il le
serait véritablement. J’attends l’adjudant commandant Monthion
avec impatience<sup>[^2]</sup>.</p><p>L’épée
de François I<sup>er</sup> ne valait pas que vous en fissiez de
l’éclat dans cette circonstance<sup>[^3]</sup>.
François I<sup>er</sup> était roi de France, sans doute, mais il
était Bourbon. Il n’a pas d’ailleurs été pris par les
Espagnols, mais par les Italiens.</p><p>Je
suppose que par ma dernière lettre vous aurez été voir le roi
Charles et la reine.</p><p>Faites
exécuter tous mes ordres. Approvisionnez vos troupes de vivres, de
cartouches.</p><p>Vous
dites que je suis le maître de tout, et vous ne l’êtes pas du roi
Charles ; qu’est-ce qu’une brigade à Aranjuez ? Vous ne me
dites pas qu’elle est la situation et la force des troupes
espagnoles à Aranjuez et à Madrid, vous me laissez dans l’obscur
sur tout. Monthion me donnera sans doute quelques explications.</p><p>Je
pense que vous devez dire au sieur Beauharnais de venir à ma
rencontre, à Bayonne. Je vous laisse cependant le maître de le
garder si vous le jugez utile. Je crois qu’indépendamment des
renseignements que je pourrai en tirer, son éloignement de Madrid
serait convenable. Il laissera son secrétaire comme chargé
d’affaires<sup>[^4]</sup>
pendant son absence.</p><p>Je
suppose que vous avez dit à tout le monde que je suis arrivé à
Bordeaux. Vous pouvez le faire mettre dans les journaux, ainsi que
l’article du <i>Moniteur</i> que je vous ai envoyé hier qui en
fait mention.</p><p>J’espère
qu’après que vous aurez reçu cette lettre vous recevrez des
nouvelles de Barcelone, qui vous annonceront l’arrivée de mes
troupes<sup>[^5]</sup>.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: D’après Murat, Beauharnais à fait subir à Marie-Louise de Bourbon un véritable interrogatoire.
[^2]: <span></span> Monthion est chargé de porter l’épée de François I<sup>er</sup> à Paris. Cette phrase est absente des deux publications de cette lettre.
[^3]: Murat s’était fait remettre ce trophée en grande pompe. L’allocution qu’il a prononcée à cette occasion est jointe à sa lettre du 31.
[^4]: Pierre de Bellocq, secrétaire interprète à l’ambassade de Madrid depuis 1796.
[^5]: <span></span> Cette lettre a été publiée en deux fois : le premier paragraphe par Léon Lecestre (<i>Lettres inédites de Napoléon
(1799-1815)</i>, Plon, 1897, t. I, p. 48, (n° 260) les autres paragraphes par la <i>Correspondance</i> (n° 13724). Les deux publications sont basées sur la minute (Archives nationales, AF IV 876, avril 1808, n° 21) et comporte plusieurs variantes de forme.
[^6]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 22. [C 13724]</body> |
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