CG8-17523.md

identifiantCG8-17523.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/03/30 00:00
titreNapoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17523. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 30 mars 1808</h2><p>Mon frère, je reçois vos lettres du 24 et celle du roi d’Espagne. Arrachez des mains de ces gens-là le prince de la Paix<sup>[^1]</sup> et faites-le conduire en France. Mon intention est qu’il ne lui soit fait aucun mal, et, puisqu’il est à deux lieues de Madrid et presque en votre pouvoir, j’aurais beaucoup de chagrin d’apprendre qu’il lui soit fait du mal.</p><p>Le Roi dit qu’il se rendra dans votre camp. J’attends de savoir qu’il y est en sûreté pour vous faire connaître mes intentions.</p><p>Vous avez bien fait de ne pas reconnaître le prince des Asturies.</p><p>Vous devez faire placer le roi Charles IV à l’Escurial, le traiter avec le plus grand respect, déclarer qu’il commande toujours en Espagne, jusqu’à ce que j’aie reconnu la révolution.</p><p>Je suppose que le prince de la Paix viendra par Bayonne. Je donne à Bessières des ordres en conséquence<sup>[^2]</sup>. Du reste, je vais moi-même me rendre à Bayonne.</p><p>Dans ces circonstances imprévues, j’approuve fort la conduite que vous avez tenue. Je suppose que vous n’aurez pas laissé périr le prince de la Paix, et que vous n’aurez pas laissé aller le roi à Badajoz. Si ce prince est entre vos mains, il faut dissimuler avec Beauharnais<sup>[^3]</sup> et dire que vous ne pouvez pas reconnaître le prince des Asturies que je ne l’aie reconnu ; qu’il faut laisser venir le roi Charles à l’Escurial ; que la première chose que je demanderai à mon arrivée, ce sera de le voir. Prenez toutes les mesures pour ne point compromettre sa vie. Je vous le répète, ce serait un malheur si vous l’aviez laissé aller à Badajoz. J’espère que la position où vous êtes vous aura donné de bons conseils.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Godoy. [^2]: Voir la lettre précédente. [^3]: François de Beauharnais avait pris le parti de Ferdinand. [^4]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 18. [C 13702] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 875, mars 1808, n° 207) : « partie extraordinairement par l’estafette à 5 heures du soir ».</body>