| identifiant | CG8-17507.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/03/27 00:00 |
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| titre | Napoléon à Daru, intendant général de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17507. - </b>À Daru, intendant général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 27 mars 1808</h2><p>Monsieur
Daru, le major-général m’a remis un rapport du sieur Thévenin<sup>[^1]</sup>,
en date du 27 février, qui ne me fait pas connaître la situation
réelle de mes équipages. Il y a des voitures qui manquent, d’autres
qui ne sont pas couvertes, d’autres en mauvais état. Vous verrez
par un décret que j’ai pris, quel armement je donne aux
bataillons. Vous leur ferez sur-le-champ fournir des carabines de mes
magasins, et vous consulterez le général Bourcier sur la manière
la plus commode de porter ces carabines. Peut-être serait-il plus
avantageux qu’elles pussent se porter comme celles des chasseurs,
car je ne vois pas pourquoi les conducteurs d’un convoi, pouvant
détacher leurs porteurs, ne se réuniraient pas à l’escorte pour
défendre leurs voitures. Il sera nécessaire de les exercer aux
manœuvres essentielles de l’infanterie, comme à charger leurs
armes, à tirer, et surtout à marcher à pied, afin qu’ils
puissent garder leurs convois. Il en résultera un grand avantage
pour la sûreté des convois, et de l’honneur pour le corps, qui se
trouvera assimilé au train de l’artillerie et à l’armée. Les
officiers, même le major-inspecteur, peuvent porter la carabine pour
donner l’exemple. Je suppose que vous leur avez donné un uniforme
général, avec une distinction sur le bouton.</p><p>Je
désire que les bataillons ne soient point déplacés sans mon ordre.
Le 7<sup>e</sup> était autrefois à Varsovie ; aujourd’hui,
c’est le 2<sup>e</sup>. Mettez de côté les harnais et les
voitures qui ne valent rien, et occupez-vous de la réorganisation de
ces équipages sans faire trop d’éclat. Je vous rends responsable
si vous n’avez pas au mois de mai huit fois 140 voitures,
c’est-à-dire 1 040<sup>[^2]</sup>,
très bonnes, avec les chevaux harnachés et pouvant faire leur
service. Les corps d’armée sont composés de trois et de deux
divisions. Il faut attacher aux corps à trois divisions un
bataillon. Une compagnie sera affectée à chaque division, et la 4<sup>e</sup>
compagnie sera à la disposition de l’ordonnateur et de
l’état-major. Chaque compagnie d’équipages est, je crois, de
trente caissons, indépendamment de la prolonge et de la forge ;
ainsi chaque compagnie pourrait porter trois jours de pain complet,
qui, en campagne, peuvent servir quatre et cinq jours. Ajoutez à
cela les caissons des corps de la division, qui pourraient en porter
un jour. Cet état serait satisfaisant. Les corps d’armée à deux
divisions, tels que le 5<sup>e</sup> et le 6<sup>e</sup> corps<sup>[^3]</sup>,
auraient trois compagnies, dont une attachée à chaque division et
une à l’état-major ; la 4<sup>e</sup> compagnie restera au
bataillon. Voici donc comme je conçois la destination des huit
bataillons : 1<sup>er</sup> corps<sup>[^4]</sup>,
un bataillon, puisqu’il a trois divisions ; 3<sup>e</sup>
corps<sup>[^5]</sup>,
un bataillon, 4<sup>e</sup> corps, un bataillon ; 5<sup>e</sup>
corps, trois compagnies ; 6<sup>e</sup> corps, trois
compagnies ; corps du prince de Pontecorvo<sup>[^6]</sup>,
trois compagnies. Cela serait donc le fond de six bataillons. Il
resterait pour le quartier général deux bataillons entiers et trois
compagnies des bataillons qui ne fournissent que trois compagnies,
c’est-à-dire douze compagnies ou plus de quatre cents caissons.
Proposez-moi donc une répartition conforme à ces bases : un
bataillon aux corps à trois divisions ; trois compagnies aux
corps à deux divisions, et une compagnie au quartier général. Vous
pouvez laisser les 4<sup>e</sup> et 5<sup>e</sup> bataillons en
Silésie ; il y en aurait six compagnies aux corps d’armée et
deux au quartier général. Mon intention est que ces caissons soient
employés uniquement à porter du pain. Pour porter l’avoine, la
paille, le foin, les selles, les hommes éclopés, la cavalerie a
plus de moyens que l’infanterie ; ainsi il est inutile d’y
penser. Aucun bagage des officiers ni des généraux ne doivent être
souffert sur ces voitures. Les officiers des équipages en sont
responsables, et le major-général<sup>[^7]</sup>
doit être prévenu s’il y a des ordres à donner à ce sujet, pour
qu’il puisse les donner.</p><p>Pour
les ambulances, j’avais prescrit que les corps devaient se les
procurer, et j’avais mis à leur disposition des fonds pour cette
dépense. Je n’ai point présent à l’esprit ce que j’ai
ordonné là-dessus ; mais il me semble que chaque bataillon
doit avoir son caisson. Les régiments ont-ils le nombre de caissons
qu’ils doivent avoir ? S’ils ne les ont pas, quel en est le
motif ? C’est à vous d’écrire aux commandants et d’exiger
que cela soit. S’ils ont touché l’argent, ils doivent avoir
leurs caissons ; s’ils ne l’ont pas touché, il faut le leur
faire toucher. Je suppose que l’armée, si tout est organisé comme
il doit l’être, doit avoir 200 caissons de corps ; il est
possible que les caissons des corps destinés aux ambulances et aux
emmagasinements ne suffisent pas, et qu’il en faille quatre ou six
pour porter les effets de la division. En ce cas, il faut le faire
connaître pour savoir le nombre de caissons qui est nécessaire pour
porter le pain.</p><p>J’attends
un rapport de vous sur cela, pour faire exécuter les règlements. Il
faut aussi que les ordonnateurs et employés aient leurs caissons ;
c’est leur affaire.<sup>[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">N</h3>
[^1]: Voir CG8-17497.
[^2]: Le compte n’y est pas : 1 120.
[^3]: Respectivement Mortier et Ney.
[^4]: Victor.
[^5]: Davout.
[^6]: Celui du gouvernement des villes hanséatiques composé d’Espagnols, de Français et de Hollandais.
[^7]: Alexandre Berthier.
[^8]: Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26. [C 13693]</body> |
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