CG8-17388.md

identifiantCG8-17388.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/03/12 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi de Naples
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17388. - </b>À Joseph, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 12 mars 1808</h2><p>Mon frère, la conduite du contre-amiral Cosmao<sup>[^1]</sup> n’a pas de sens. Je ne puis que déplorer l’imbécillité de mes marins. L’amiral Ganteaume lui avait donné pour instruction de débloquer Corfou : il a été quinze jours maître de la Méditerranée, et il vient s’enfermer dans Tarente<sup>[^2]</sup> ! En lui ordonnant de se rendre à Tarente, l’amiral Ganteaume n’avait prévu que le cas où il serait inférieur à l’ennemi ; mais, supérieur comme l’était ce contre-amiral, les premières notions du bon sens lui indiquaient de se rendre à Corfou.</p><p>Je n’approuve pas que vous reteniez mes vaisseaux à Baïes ou à Naples. L’expédition terminée, ils doivent rentrer dans mes ports.</p><p>L’avis que vous avez donné à Cosmao a été trop indécis<sup>[^3]</sup>. Il fallait lui donner l’ordre de partir une heure après son arrivée, d’autant plus qu’à Corfou, il est à l’abri de toute force ennemie ; de prendre sous son escorte tous les convois de Brindisi et d’Otrante, et de débloquer Corfou ; et, s’il ne recevait pas d’ordre de l’amiral, de faire une croisière et de rentrer à Toulon. Je vois avec peine la longueur et l’incertitude de votre lettre. Il ne fallait que six lignes, et vous auriez été obéi. Vous battez la campagne avec de pauvres malheureux qui meurent de peur et d’indécision. Je suis fâché que vous n’ayez pas consulté Saliceti<sup>[^4]</sup> ; il ne vous aurait pas donné ce conseil.</p><p>Il faut être bien malheureux pour que, lorsque toutes les chances réussissent, la bêtise d’un officier de marine l’empêche de profiter des avantages que lui offre le sort. Je crois que, si un galion chargé de 30 millions de piastres venait se placer au milieu de leur escadre, ils n’auraient pas l’esprit de le prendre.</p><p>Je suppose que Ganteaume est à Corfou depuis le 24 février<sup>[^5]</sup>. Je ne saurais m’expliquer comment il a tant tardé. Certainement c’était une chance de plus de se réunir, si vous aviez donné ordre à Cosmao de se rendre droit à Corfou.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3> [^1]: Cosmao-Kerjulien - excellent marin - commande une division de l’armée navale de Ganteaume chargée de ravitailler Corfou. Il s’était trouvé séparé de l’amiral à la sortie de Toulon et s’était tenu à l’ordre initial reçu : "...si par les événements de la mer vous vous trouviez séparé de l'armée, vous auriez soin de ne pas vous approcher de cette île [Corfou] avant votre réunion à l'armée. Le point de rendez-vous, dans cette circonstance, serait le cap Sainte-Marie, dans la partie sud-est du golfe de Tarente...". Voir CG8-17412. [^2]: Le 25 février. [^3]: Dans sa lettre du 3 mars, Joseph avoue avoir été dans l’indécision pendant une journée avant de donner de nouveaux ordres à Cosmao. [^4]: Ministre de la Police et de la Guerre. [^5]: Tout le monde ignore la position exacte de Ganteaume qui a rallié Corfou le 23 février. [^6]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11.</body>
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