| identifiant | CG8-17351.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/03/09 00:00 |
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| titre | Napoléon à Daru, intendant général de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17351. - </b>À Daru, intendant général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 9 mars 1808</h2><p>Monsieur
Daru, après avoir lu attentivement le volume de comptes que vous
m’avez rendu, intitulé Administration, j’en ai fait le relevé
suivant ; faites-moi connaître si je puis y compter. Je néglige
toujours les troisièmes chiffres pour ne pas perdre de temps.</p><p>1<sup>re</sup>
note. Le directeur des contributions de la Grande Armée<sup>[^1]</sup>
avait reçu, au 1<sup>er</sup> janvier 1808, 200 millions. Il en
avait donné 104 au payeur<sup>[^2]</sup>,
en avait envoyé 42 à la Caisse d’amortissement, en avait 50 en
caisse, et en avait consommé 2 en faux frais ou restitutions, total
200 millions.</p><p>2<sup>e</sup>
note. Le payeur de l’armée avait dépensé 119 millions ; il
en fallait encore 12 pour achever le paiement de la solde de 1806 ;
il fallait 12 autres millions pour solder 1807 ; je calcule 5
millions pour ce qui est à payer en argent comptant pour les
services faits depuis le 1<sup>er</sup> octobre 1806. Je ne comprends
là rien de ce qui peut se régulariser, soit en décomptes sur la
Pologne, soit en décomptes sur les contributions. Total de la
dépense au 1<sup>er</sup> janvier 1808, 148 millions. Pour
l’intelligence de cela, il faut que vous sachiez que j’ai pris,
il y a deux jours, un décret portant que la solde de 1806 serait
payée par la Grande Armée, et je lui ai fait céder différentes
terres et des rebuts de budget qui ne peuvent pas entrer au Trésor ;
et que la solde de 1807 serait également payée par la Grande
Armée ; qu’à cet effet le Trésor public tiendrait compte à
la Grande Armée, 1° de 15 millions lui appartenant, que le payeur
avait consommés au 1<sup>er</sup> janvier 1808 ; 2° de 14
millions que le Trésor devrait à la Grande Armée, faisant partie
d’une somme plus considérable que la Grande Armée lui prête ;
3° de 18 millions de solde passés en compte à la Grande Armée,
dont il serait fait recette pour ordre au Trésor public. J’observe,
à cet égard, que nous avions évalué la solde de 1807 à 47
millions, celle de 1806 à 12 millions payables par la Grande Armée
et à 12 millions à payer, c’est-à-dire 24 millions ; total
71 millions. Je suis donc fort étonné de voir dans vos comptes que
la solde payée se monte à 70 millions, ce qui, joint à 24 millions
qui restent à payer, ferait 94 millions. Donnez-moi des explications
là-dessus. Cela vient-il de ce que vous portez comme solde des
objets qui ne le sont pas ? 94 millions pour dix-huit mois
feraient 5 à 6 millions par mois.</p><p>3<sup>e</sup>
note. - Résumé. Les ressources du payeur en argent comptant
étaient, au 1<sup>er</sup> janvier, de 200 millions, auxquels il
faut ajouter les 15 millions cédés par le Trésor, c’est-à-dire
215 millions. Ce qui est mis pour solder la dépense se montera à
148 millions pour le payeur général, 2 millions pour faux frais et
restitutions ; il restera donc 165 millions, dont 42 ont déjà
été envoyés à la caisse ; il resterait donc à la caisse 23
millions. Faites-moi connaître si ces calculs sont exacts. Si cela
est, faites payer aux officiers et administrateurs les quatre mois de
1806 qui sont dus. Je crois avoir également donné l’ordre que
tout ce qui serait dû aux officiers jusqu’au 1<sup>er</sup>
janvier 1808 fût payé. Vous avez dû le faire payer au 3<sup>e</sup>
corps<sup>[^3]</sup> ;
vous pouvez le faire également payer à la garnison de Dantzig et
aux autres corps qui en ont besoin. Ayez soin que la solde de
janvier, février et mars 1808 soit payée tous les mois aux
officiers et aux soldats. Je pense que les retardements dans le
paiement de la solde courante donnent toujours lieu à des
dilapidations.</p><p>Je
vois que, dans l’ayant en caisse de 51 millions qu’a le receveur,
il a 1 200 000 francs à Wesel, 10 millions à Mayence, 1
million en Hanovre, et 700 000 francs à Munster. Je désire
fort qu’il mette sans délai ces sommes à la disposition de la
Caisse d’amortissement. Je désire également que tout ce que doit
Hambourg, Brême et Lubeck, soit envoyé le plus tôt possible à la
Caisse d’amortissement.</p><p>Autre
observation. Selon vous, la recette des contributions devrait être
de 267 millions ; le sieur La Bouillerie n’en porte que 200 :
différence, 67 millions. Vous en portez 41 pour fournitures, la
différence n’est plus que de 26. Sur ces 26 millions, je suppose
qu’au moins 20 sont rentrés ou doivent rentrer. Je vois 10
millions de différence aux villes hanséatiques. J’ai fort à cœur
que la comptabilité soit arrêtée au 1<sup>er</sup> janvier 1808,
afin de pouvoir partir de là. Faites-moi connaître ce que rendent
les États prussiens par mois, et remettez-moi en même temps votre
état de contribution comparé avec celui du receveur, avec les
observations qui les mettent d’accord. Faites-moi aussi le budget,
au 1<sup>er</sup> janvier 1808, de ce que vous croyez qui rentrera au
1<sup>er</sup> juillet 1808 sur les contributions de toute espèce,
et surtout sur les contributions ordinaires. Comparez-le avec ce que
coûte la Grande Armée. J’ai à cœur de payer tout ce que je dois
en Pologne. Si je dois encore beaucoup lorsque mes créances sur le
gouvernement polonais seront épuisées, j’affecterai à cela les
créances que j’ai sur la Prusse.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3>
[^1]: La Bouillerie.
[^2]: Roguin.
[^3]: Celui de Davout dans le grand-duché de Varsovie.
[^4]: Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26. [C 13631]</body> |
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