| identifiant | CG8-17347.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/03/08 00:00 |
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| titre | Napoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17347. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 8 mars 1808, 10 h. du matin</h2><p>Mon
frère, je reçois tous les états de situation qui étaient joints à
vos lettres du 4 et du 5. Je suis indigné d’apprendre que la solde
est en arrière de deux mois au corps du général Dupont, et qu’elle
l’est également au corps du maréchal Moncey, puisqu’il a en
caisse des valeurs qu’on ne peut réaliser. J’envoie chercher
Mollien pour lui en témoigner mon mécontentement. Je donne ordre
que le payeur du Trésor<sup>[^1]</sup>,
qui est à Bordeaux avec une caisse de 3 millions en or, parte sans
délai pour le quartier général. Il marchera désormais avec ma
Garde. Donnez ordre à tous les généraux, officiers d’état-major
qui se trouvent à Bayonne, se rendent à Burgos. Exceptez-en le
colonel Monthion<sup>[^2]</sup>,
un autre officier d’état-major que Berthier doit avoir envoyé à
Bayonne pour correspondre avec lui. Des deux premiers généraux
arrivés à Burgos, vous en enverrez un au maréchal Moncey, et un au
général Dupont, qui les mettront dans les divisions où il en
manque.</p><p>Du
moment que vous serez arrivé à Burgos, vous écrirez aux États de
Burgos, d’Alava, de Guipúzcoa, de Biscaye et de la Vieille
Castille, une lettre que vous enverrez aux intendants de ces
provinces. Cette lettre sera conçue en ces termes :</p><p>«
Parti de Paris depuis quinze jours pour venir prendre le commandement
des troupes de S. M. l’Empereur, je n’ai pas tardé à apprendre,
à mon entrée en Espagne, que vos provinces avaient fait des avances
considérables pour les troupes françaises, et que ces dépenses
étaient supportées par les provinces mêmes. Sa Majesté m’a
chargé de vous faire connaître qu’elles seront remboursées
exactement des frais qu’elles ont faits pour ses troupes. Je vous
invite donc à en adresser sans délai les états à l’intendant de
l’armée. Depuis que je suis au milieu de vous, j’ai recueilli
les bons sentiments qui vous animent ; j’en ai fait part à Sa
Majesté l’Empereur, qui a tant d’estime et d’amitié pour les
Espagnols, et qui a tant à cœur de contribuer au bien de ce pays. »</p><p>Vous
ferez traduire cette lettre en espagnol, et vous la ferez imprimer
dans les gazettes, s’il y en a ; sinon, vous la ferez mettre
dans de petits bulletins à la main que vous ferez circuler sans
affectation.</p><p>Je
viens de voir Mollien. Il fait partir sur-le-champ une estafette qui
porte au payeur l’ordre de se rendre avec un million à Bayonne, de
manière qu’au 15 mars les corps du maréchal Moncey et du général
Dupont aient reçu les sommes dont ils ont besoin. De votre côté,
donnez des ordres positifs pour que les officiers soient payés de
tout ce qui leur revient jusqu’au 1<sup>er</sup> mars. Il faut
plutôt, si cela est nécessaire, retarder la marche d’un jour. Mon
intention est que le soldat ait toujours le gousset garni pendant sa
marche, parce qu’alors il ne pillera pas, et achètera les objets
dont il aura besoin. Recommandez que les quartiers-maîtres<sup>[^3]</sup>
fassent des distributions exactes. Rendez un ordre du jour sévère
là-dessus et sur le maintien de la discipline. Vous mettrez
également ce qui suit à l’ordre de l’armée : « S. M.
l’Empereur, instruit que les officiers et soldats de ses armées en
Espagne perdent considérablement sur le change de la monnaie, a
ordonné que la différence fût supportée par le Trésor. Il sera
fait, en conséquence, une revue particulière, depuis le moment de
l’entrée des troupes en Espagne, sur laquelle on accordera la
différence de l’une à l’autre monnaie. Sa Majesté a appris
avec plaisir la bonne discipline qu’observe l’armée ; elle
lui en témoigne sa satisfaction, et l’invite à continuer de même,
et avoir les plus grands égards pour le peuple espagnol, estimable à
tant de titres. Le soldat doit traiter les Espagnols comme il
traiterait les Français eux-mêmes. L’amitié des deux nations
date de longue main ; elle doit être consolidée dans la
circonstance actuelle, Sa Majesté n’ayant en vue que des choses
utiles et avantageuses à la nation espagnole, pour laquelle elle a
toujours eu la plus haute estime. »</p><p>Vous
aurez soin que cet ordre du jour, dès le lendemain de l’envoi de
votre lettre aux États, soit traduit en espagnol, et répandu
partout dans les deux langues.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3>
[^1]: Plauzoles.
[^2]: Bailly de Monthion, chef d’état-major de Murat (depuis le 21 février) en attendant l’arrivée du général Belliard.
[^3]: Officiers d’administration des corps de troupe.
[^4]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 8. [C 13628] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 875, mars 1808, n° 44) : « partie par estafette extraordinaire à 10 heures du matin ». </body> |
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