| identifiant | CG8-17333.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/03/05 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, roi de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17333. - </b>À Joseph, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 5 mars 1808</h2><p>Mon
frère, j’ai donné l’ordre à mon ministre du Trésor public<sup>[^1]</sup>
de vous envoyer 500 000 francs, de Florence, et 500 000
francs, de Milan. Cet argent vous sera envoyé en poste et arrivera,
j’espère, peu de jours après ma lettre.</p><p>J’ai
éprouvé un grand plaisir de la prise de Scilla. J’approuve que
vous établissiez une batterie au Pezzo ; mais la principale
batterie doit être à Scilla ; la hauteur ne fait rien ;
cela a l’avantage de battre fort au large. Il faut mettre là des
mortiers.</p><p>L’amiral
Ganteaume doit, à l’heure qu’il est, être arrivé à Corfou ;
il a à bord des mortiers, des boulets, 80 affûts, 100 milliers de
poudre et 5 000 quintaux de farine, chargés sur des flûtes ;
il a dû les jeter dans Corfou. J’augure très bien de
l’expédition, et si, comme on dit, il n’y a que 6 000
Anglais en Sicile, il n’y en aura pas 4 000 sous les armes ;
ils s’enfermeront probablement à Syracuse.</p><p>Une
escadre espagnole de six vaisseaux est partie de Carthagène le 12
février pour Toulon, où je l’attends<sup>[^2]</sup>.
L’escadre de Lorient<sup>[^3]</sup>
n’a pu appareiller, et la saison devient si belle que je doute
qu’elle puisse passer.</p><p>Je
n’ai pas besoin de vous faire comprendre l’importance de la
batterie de Scilla ; le fort la défend. N’écoutez aucune
observation, nommez un bon colonel pour commander à Scilla,
donnez-lui 600 hommes de troupes françaises, des vivres, un officier
du génie, un chef de bataillon et deux capitaines en second, un
adjudant de place et un commissaire des guerres, et qu’il ne
dépende de personne ; laissez-lui de l’argent. Cet officier
peut se défendre vingt jours, et il n’y a aucune chance que dans
quinze jours vous ne puissiez venir à son secours.</p><p>Aussitôt
que vos troupes seront embarquées pour la Sicile, les troupes que
j’ai à Rome se mettront en grande partie en marche sur Naples ;
ce sont toutes les compagnies de grenadiers et de voltigeurs et les
plus belles troupes du monde.</p><p>Il
est possible qu’avant huit jours je parte pour l’Espagne. Le
grand-duc de Berg<sup>[^4]</sup>
est parti depuis quinze jours pour s’y rendre. J’ai 80 000
hommes à trente lieues de Madrid. Junot, avec 30 000 hommes,
est maître de Lisbonne et du Portugal ; et, cependant, je n’ai
pas fait rentrer un seul homme de la Grande Armée. J’ai en Pologne
et sur l’Oder près de 300 000 hommes. La conscription de
cette année se lève, et, avant trois mois, j’aurai 80 000
hommes pour renforcer mes cadres. Jugez de l’argent que cela me
coûte !</p><p>Votre
régiment napolitain fait partie d’une division de 10 000
hommes que commande le général Duhesme<sup>[^5]</sup> ;
il est depuis quinze jours à Barcelone, où il est très bien. Vous
sentez qu’il aura besoin de recrues. Organisez donc un bataillon
provisoire d’un millier d’hommes, et mettez-le en marche pour
Turin ; il servira à maintenir votre régiment au complet.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Voir plus haut la lettre à Eugène et plus bas la lettre à Mollien.
[^2]: L’escadre de l’amiral Valdès s'est réfugiée à Mahon (Baléares) et n’en bougera pas.
[^3]: Troude. Voir CG8-17104.
[^4]: Murat.
[^5]: La division d’observation des Pyrénées Orientales.
[^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 13622, d’après l’original communiquée par les héritiers du roi Joseph (minute, Archives nationales, AF IV 875, mars 1808, n° 29).</body> |
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