CG8-17216.md

identifiantCG8-17216.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/02/18 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, aide de camp de l’Empereur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17216. - </b>Au général Bertrand, aide de camp de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 18 février 1808</h2><p>Rendez-vous à Cherbourg ; visitez les travaux de la digue, du fort Napoléon, le port et les constructions, et les magasins de toute espèce<sup>[^1]</sup>. Voyez dans quelle situation se trouve la digue, les moyens qu’il faut prendre pour rétablir deux batteries aux deux bouts qui défendent la passe. Il est impossible de laisser cette passe sans défense, vu que l’ennemi peut s’en emparer et brûler l’escadre que j’ai dans l’intérieur du port. Vous resterez sept jours à Cherbourg et me ferez un rapport sur tout cela. Jusqu’à quel degré puis-je compter sur la sûreté de la rade ? Quand le port Napoléon pourra-t-il donner entrée à des vaisseaux ? Peut-on y construire dès aujourd’hui des vaisseaux de guerre ? Comment vont les constructions des frégates ?</p><p>Vous irez de là aux îles Marcouf, pourvu, toutefois, qu’il n’y ait pas de dangers. Vous verrez les travaux, la garnison et les fortifications ; on m’y dépense des sommes considérables pour la tour. Étudiez des moyens d’économiser le plus possible ; une seule tour qui aurait 50 pieds de diamètre et 30 pieds de hauteur serait suffisante. Dans l’autre île, une tour ayant 18 pieds d’élévation et seulement trois toises de diamètre ne serait-elle pas suffisante pour défendre cette petite île, et combien coûterait-elle<sup>[^2]</sup> ?</p><p>Vous irez de là au Havre. Vous verrez pourquoi les deux frégates que j’y ai ne sont pas parties ; pourquoi les ingénieurs de l’intérieur ne maintiennent pas les chasses. Vous me ferez un mémoire sur les travaux des ponts et chaussées, sur ceux qui sont les plus pressants à faire, sur les magasins, sur les bois, sur l’arsenal, etc. Avant de partir du Havre, vous m’enverrez un long mémoire tant sur les îles Marcouf que sur le Havre.</p><p>Vous vous rendrez à Saint-Valéry ; vous y verrez l’état des travaux du canal de la Somme, les raisons qui ont fait manquer ce travail, et le cas où il se trouve.</p><p>De là vous irez à Boulogne, Wimereux, Ambleteuse. Vous me ferez un rapport sur les trois ports, sur les camps, sur la flottille, sur les troupes, hôpitaux et raisons de l’insalubrité. Y aurait-il du danger à réunir là des troupes ? Aurais-je plus ou moins de malades que jadis, et, comme les maladies sont la première des considérations, quels seraient les préservatifs à prendre ? Vous visiterez bien les fortifications qui ont été établies, les ouvrages de campagne. Vous m’adresserez votre mémoire et vous vous rendrez à Dunkerque et à Flessingue.</p><p>Vous m’écrirez de Dunkerque sur les frégates et les travaux du port. Qui empêche de mettre une frégate à la mer ? Arrivé à Ostende, vous verrez la direction donnée aux travaux pour mettre cette place à l’abri d’un coup de main.</p><p>Flessingue sera l’objet d’un mûr examen. Vous visiterez d’abord les fortifications. Vous me soumettrez vos idées sur les moyens de défendre la place et si je puis compter sur l’inondation de l’île en cas de malheur. Vous reconnaîtrez l’emplacement où l’on pourrait établir trois forts pour éloigner l’ennemi d’un millier de toises. Vous me ferez connaître ce que coûteraient ces ouvrages et le parti qu’on pourrait tirer de l’eau pour leur défense. Ces observations faites, vous tournerez votre attention sur la marine ; vous visiterez tous mes vaisseaux et les travaux du port. Vous prendrez des renseignements sur le nombre de jours que mettraient les vaisseaux à entrer et à sortir, vu l’obligation de les désarmer. Vous reconnaîtrez la situation des différents mouillages. Vous reconnaîtrez l’emplacement du fort de Cadzand, celui d’une batterie de vingt mortiers, pour défendre le mouillage de mon escadre et la passe de Flessingue ; enfin quel parti l’on pourrait tirer de l’eau pour ce projet de travaux.</p><p>Vous irez à Anvers ; vous y verrez les fortifications, le chantier, l’arsenal de la marine et du port civil.</p><p>Vous reviendrez en toute diligence me rejoindre, après avoir rédigé votre rapport sur Flessingue et Anvers.</p><p>Pourrait-on construire six autres vaisseaux de guerre, et où faudrait-il les placer ?<sup>[^3]</sup></p> [^1]: Les travaux dirigés par Cachin ont débuté en 1803. [^2]: Les travaux de fortifications des îles du Large et de Terre, commencés en 1802, ont duré une soixantaine d’années. [^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 875, février 1808, n° 104. [C 13579]</body>