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CG8-17200.md| identifiant | CG8-17200.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/02/17 00:00 |
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| titre | Napoléon à Alexandre Ier, Empereur de Russie, à Saint-Pétersbourg |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17200. - </b>À Alexandre I<sup>er</sup>, Empereur de Russie, à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 17 février 1808</h2><p>Monsieur
mon frère, je reçois la lettre de Votre Majesté du 16 janvier, que
me remet M. le comte de Tolstoï<sup>[^1]</sup>.</p><p>Mon
escadre de Toulon<sup>[^2]</sup>
a mis à la voile le 10 février, se dirigeant sur Corfou pour y
surprendre six vaisseaux anglais qui croisent devant ce port, et pour
porter des renforts sur ce point important. J’espérais, à la
faveur de cette expédition, dégager les quatre vaisseaux que Votre
Majesté avait dans ce port : mais j’apprends qu’ils sont à
Trieste ; je crains qu’ils ne soient pas là en sûreté ;
j’ai conseillé à M. de Tolstoï d’expédier un courrier pour
les faire venir dans un de mes ports de la Dalmatie ou de l’Albanie.
Les deux vaisseaux qui sont entrés à Portoferraio y sont toujours ;
ils attendent les ordres du ministre de Votre Majesté<sup>[^3]</sup>.
S’ils avaient été à Toulon, ils auraient pu partir avec mon
escadre, ce qui aurait été d’un bon effet et les aurait exercés
à la tactique navale.</p><p>Le
prince de Pontecorvo a dû avoir une entrevue avec le prince royal de
Danemark<sup>[^4]</sup>.
Son corps d’armée se met en marche par le Seeland ; car ce
n’est que par-là qu’il pourra pénétrer en Suède. Je donne
ordre également qu’une expédition se prépare à Rügen et à
Stralsund ; cela inquiétera les Anglais. Je ne pense pas
pouvoir partir de ce point, n’ayant pas de vaisseaux pour protéger
mon passage ; mais, au reste, mes troupes y sont entièrement
aux ordres de Votre Majesté.</p><p>Votre
Majesté aura vu la communication faite par le gouvernement anglais à
M. de Starhenberg<sup>[^5]</sup>,
qui n’a point exécuté les ordres qu’il avait reçus de sa Cour,
et s’est permis de faire des ouvertures. J’attends le retour de
M. d’Alopeus d’Angleterre<sup>[^6]</sup>
pour savoir ce que fait Votre Majesté ; on dit qu’on y
murmure la paix ; jusqu’à cette heure, rien ne le prouve
évidemment.</p><p>Dans
tous les cas, je ne ferai que ce que désirera Votre Majesté. Je me
réjouis fort de savoir qu’elle a conquis la Finlande, et qu’elle
a ajouté cette province à ses vastes États.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Ambassadeur d'Alexandre à Paris.
[^2]: Celle de l’amiral Ganteaume.
[^3]: L’amiral Tchitchagoff, ministre de la Marine.
[^4]: C’est inexact : Bernadotte n’en recevra l’ordre que le 2 mars et par une lettre de Berthier datée du 23 février, initiée la veille par les instructions de Napoléon. Il ne rencontrera le nouveau roi, Frédéric VI, que le 15 mars à Copenhague ; soit deux jours après le décès de Christian VII. Voir CG8-17251.
[^5]: Diplomate autrichien. Voir plus haut la lettre à Fouché.
[^6]: Maximilian Alopeus, ambassadeur de Russie à Londres, a obtenu ses passeports suite à la rupture diplomatique entre les deux pays (décembre 1807). Voir CG8-17240 et n° 17405.
[^7]: Expédition, Archives des Affaires étrangères de l’Empire russe (AVPRI), fds Chancellerie, inv. 468, 1808, d. 6045, p. 6.</body> |
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