CG8-17152.md

identifiantCG8-17152.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/02/07 00:00
titreNapoléon au colonel Lacoste, aide de camp de l’Empereur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17152. - </b>Au colonel Lacoste, aide de camp de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 7 février 1808</h2><p>Monsieur le colonel Lacoste, vous partirez dans la journée pour vous rendre à Brest. Vous irez à bord de mon escadre, si elle n’est pas partie. Vous verrez le préfet maritime<sup>[^1]</sup> pour que, immédiatement après le départ de mon escadre, il fasse mettre en rade le même nombre de vaisseaux, afin que l’ennemi ne puisse pas, par la seule inspection de la rade, s’apercevoir qu’elle est partie. Vous verrez pourquoi l’on ne termine pas le vaisseau <i>Le Tonnerre ; </i>il doit y avoir du bois. Vous me ferez un rapport sur l’état des approvisionnements et des vaisseaux en commission<sup>[^2]</sup>, en rade ou en désarmement.<sup>[^3]</sup></p><p>De là vous irez à Concarneau ; vous me rendrez compte des motifs qui empêchent <i>Le Vétéran</i> de sortir pour se rendre à Brest, Lorient ou Rochefort<sup>[^4]</sup>.</p><p>De là vous irez à Lorient, pour voir pourquoi <i>Le Patriote</i> n’est pas à l’eau et pourquoi on ne termine pas le vaisseau <i>L’Eylau</i>.</p><p>De là vous vous rendrez à Paimbœuf et à Nantes, et vous vous informerez des motifs qui empêchent que la frégate <i>L’Elbe</i>, <i>La Pallas</i> et <i>La Renommée</i> ne soient mises à l’eau à Nantes, et <i>La Clorinde</i> à Paimboeuf. De là vous vous rendrez dans le port de Rochefort. Vous remettrez la lettre ci-jointe au préfet maritime Martin, et vous le presserez pour que toutes les mesures soient prises pour l’armement des vaisseaux <i>Le Jemmapes</i> et <i>Le Patriote</i>, pour mettre sans délai à la mer <i>La Ville-de-Varsovie</i>, et pour terminer promptement le vaisseau <i>Le Triomphant</i>, de manière que j’aie dans ce port quatre vaisseaux prêts à tout.</p><p>Vous visiterez l’arsenal, vous verrez pourquoi les travaux languissent. Il est bien important qu’ils soient poussés un peu vivement.</p><p>Vous irez de là visiter l’île d’Aix et le fort Boyard, et vous me ferez un rapport sur la défense de cette île et sur les travaux du fort<sup>[^5]</sup>.</p><p>Quand vous aurez passé dix jours à Rochefort, vous irez à Bordeaux. Vous y verrez la situation de la partie de ma Garde qui s’y trouve. Vous prendrez note des troupes qui y ont passé pour se rendre en Espagne. Vous visiterez les deux frégates qui y sont, et vous presserez pour que la frégate <i>Le Niémen</i> soit mise à l’eau le plus tôt possible. On fait une frégate en trois mois ; celle-là est construite à moitié.</p><p>Tant de Brest que de Lorient, de Nantes, de Rochefort et de Bordeaux, vous m’écrirez tous les jours et m’enverrez de longs rapports sur tout ce que vous aurez vu et entendu. Vous attendrez mes ordres à Bordeaux.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Louis Marie Joseph Caffarelli. [^2]: En cours d’armement. [^3]: L’escadre de Dordelin qui doit rejoindre celle de Ganteaume à Toulon. [^4]: <span></span> Il y est bloqué depuis août 1806. Ce vaisseau<i> </i>commandé par Jérôme Bonaparte, ayant abandonné son escadre (Willaumez) pour la seconde fois, fait alors route pour la France. Le 26 août, en vue de l’archipel des Glénan, il est pris en chasse par les Anglais et se trouve sur le point d’être perdu. Un ancien pêcheur breton de l’équipage, Jean-Marie Furic, propose à Jérôme de conduire le vaisseau dans le port de Concarneau. Furic prend la barre et guide le vaisseau (calant 7 mètres) à travers le dédale des îles et récifs, jusqu’à la fosse de la baie de La Forêt. Le lendemain <i>Le Vétéran</i> mouille devant Concarneau, puis parvient à entrer dans le port après avoir été cependant délesté de son artillerie, munitions, réserves, etc. [^5]: Les travaux d’enrochement ont débuté en 1804, mais les travaux devront être abandonnés en 1809. Le projet ne sera repris qu’en 1841. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 13531, d’après l’original communiqué par le colonel de la Combe (minute, Archives nationales, AF IV 875, février 1808, n° 30). La minute comporte de très nombreuses variantes de forme.</body>