CG8-17112.md

identifiantCG8-17112.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/01/30 00:00
titreNapoléon à Daru, intendant général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17112. - </b>À Daru, intendant général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 30 janvier 1808</h2><p>Monsieur Daru, je reçois votre mémoire relatif aux affaires de la banque de Magdeburg. Je vous le renvoie avec une apostille de ma main, par laquelle j’approuve ce que vous proposez ; vous pouvez en donner la nouvelle au Roi<sup>[^1]</sup>, elle pourra lui être agréable.</p><p>Les renseignements contenus dans votre lettre du 20 janvier, ceux que j’avais eus d’ailleurs, me convainquent que la partie des domaines du royaume de Westphalie sur laquelle j’ai des droits monte à 15 500 000 francs de revenu brut ; ce qui me fait supposer un revenu net, impositions et charges payées, de 12 millions. Cependant mon intention n’est pas de priver le roi de Westphalie de sommes aussi considérables, et 4 millions de revenu net de bons biens-fonds, sans maisons ni rien d’inutile, peuvent me suffire. Ces 4 millions, je les ai déjà distribués, et vous ne tarderez pas à recevoir mon décret et l’état des individus auxquels je les ai donnés. Je sens qu’il est très pénible pour le roi de Westphalie de voir en séquestre ces 31 millions de revenu ; mais c’est une affaire qu’on peut finir promptement. Je vous laisse donc toute latitude de conclure un traité par lequel vous rendrez tous les domaines au Roi, et garderez seulement à votre disposition, entre les mains de mes agents, un revenu net, toutes charges payées, de 4 millions en bons biens. Conservez-vous la propriété de ces biens ainsi que l’évaluation, afin d’en disposer lorsque j’en ferai faire la remise. Moyennant cette clause je suis content, mais c’est sous votre responsabilité ; car, si les biens que vous garderez ne rendaient pas 4 millions de revenu net, les impositions, frais de culture, etc., payés, vous auriez mal fait mes affaires, et les officiers de mon armée auraient le droit de se plaindre de vous. Je dis au Roi que je veux ma moitié. Je veux vous laisser la faculté, lorsque les discussions seront assez avancées, de lui donner la bonne nouvelle que je me contenterai de 4 millions. Tâchez de finir cette affaire dans le mois de février. Vous comprenez bien que je n’entends pas que le roi prenne possession avant que les domaines que je me serai réservés soient en ma possession. Faites-lui connaître que le ton de force et de prépondérance ne réussirait pas avec moi. S’il défendait à ses sujets de payer à mes intendants, ses sujets seraient plus sages que lui et paieraient pour éviter des malheurs ; car, quand le Roi serait plus fort que moi, j’ai bien expliqué dans sa Constitution<sup>[^2]</sup> les clauses auxquelles je lui remettrais son royaume.</p><p>La troisième question à agiter est celle des contributions ordinaires et extraordinaires. Je vous ai déjà écrit là-dessus. Je n’ai pas l’état des contributions ordinaires. Je vois par celui des contributions extraordinaires qu’Osnabrück, Minden et Brunswick ont payé leur contingent, qu’Eichsfeld a payé plus de la moitié du sien, Kassel, idem ; que la Vieille-Marche a fait la plus grande partie de ses paiements ; mais que Göttingen, Magdeburg et Halle doivent de très fortes sommes. Voici quelles sont mes intentions. Liquidez avec le Roi par votre traité les sommes restant dues des contributions extraordinaires et ordinaires des provinces d’Osnabrück, Minden, Brunswick, Eichsfeld, Kassel et la Vieille-Marche, au 1<sup>er</sup> octobre 1807. Convenez que ces provinces devaient tant en contributions ordinaires et extraordinaires ; qu’elles ont payé tant ; qu’ainsi le roi s’engage pour ce qui reste à payer, montant à la somme de tant. Vous ferez le même raisonnement pour les sommes échues et dues à mon entrée en possession et depuis le 1<sup>er</sup> octobre 1807.</p><p>Quant aux provinces de Magdeburg, Halle et Göttingen, dont les dettes se montent seules à 30 millions, le Roi aurait tort de s’engager. Il est convenable que vous liquidiez ce qui est dû par ces provinces pour contributions ordinaires et extraordinaires, et que les particuliers s’engagent. Le Roi peut être derrière les particuliers, s’il veut, mais non en première ligne. Il faut stipuler que les paiements seront faits en un an ou dix-huit mois, et que tout cela soit bien mis en règle.</p><p>Tâchez que ces affaires se finissent en février. Éclairez le roi de toute l’expérience que vous avez ; faites-lui comprendre qu’il faut que la province de Magdeburg, qui est riche et d’un mauvais esprit, s’engage elle-même pour le complément de ses contributions ; que lui-même leur dise que, s’ils ne payent pas, ils auront une armée de 30 000 hommes à nourrir, et alors ils s’exécuteront comme les autres provinces de la Prusse. Vous ferez, de la cession des effets de la banque trouvés à Magdeburg, un des articles du traité.</p><p>Il est un autre sujet de contestation avec le Roi, c’est tout ce qui est dû à l’Électeur de Hesse-Kassel<sup>[^3]</sup>. Vous lui céderez par le traité ce que ses sujets doivent à l’Électeur pour fonds prêtés ; j’aurais bien le droit de m’emparer de ces créances, qui m’appartiennent, mais j’y renonce en sa faveur. Vous ferez consigner dans le traité que je renonce à un droit acquis, pour que le Roi ait plus de moyens d’augmenter son armée et de la tenir en meilleur état. Quant aux créances de l’Électeur sur des princes d’Allemagne qui ne sont pas sujets du roi, je me refuse à les céder ; vous en ferez dresser l’état, pour que je puisse les percevoir.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3> [^1]: Jérôme. [^2]: Du 15 novembre 1807. [^3]: <span></span> Guillaume I<sup>er</sup> réfugié au Danemark. [^4]: Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26. [C 13508]</body>