CG8-17093.md

identifiantCG8-17093.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/01/28 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi de Naples
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17093. - </b>À Joseph, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 28 janvier 1808</h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 18, avec le rapport du général Donzelot. Ce rapport me fait voir l’incapacité de Berthier<sup>[^1]</sup> qui aurait dû, à son arrivée, vous envoyer un rapport pareil. Je désire donc que vous envoyiez un de vos aides de camp à Corfou, avec l’ordre au général Donzelot de prendre le gouvernement général des Sept Iles ; vous direz que vous avez le décret qui le nomme, et vous ordonnerez au général Berthier de rester quinze jours avec le général Donzelot ; après lesquels il se rendra à Cattaro par terre, visitera cette place, inspectera les chemins, verra toute la Dalmatie, et de là viendra me joindre à Paris. Votre aide de camp sera discret ; vous le préviendrez de ce qu’il porte, afin que ses dépêches ne soient remises que si le général Donzelot est à Corfou ; car, s’il se trouvait à Sainte-Maure, il faudrait le faire venir d’abord à Corfou ; et, s’il y avait des empêchements qui s’opposassent à ce qu’il pût quitter Sainte-Maure, il ne faut pas que le général Berthier se doute de l’objet de la mission de votre aide de camp, pour ne point le décourager.</p><p>Réitérez l’ordre au gouverneur général de retirer les troupes françaises de Zante et de Céphalonie, et de ne les placer qu’à Sainte-Maure et Corfou. Il ne faut pas même laisser de Français à Parga. Le gouverneur ne laissera à Zante et à Céphalonie que deux officiers français avec 25 ou 30 Français ; également à Parga. Ainsi il faut que le 6<sup>e</sup>, le 14<sup>e</sup> et les Italiens soient tous réunis à Corfou et à Sainte-Maure. Faites partir sur-le-champ quatre officiers du génie français et deux officiers français d’artillerie, de Naples pour Corfou. Je vois que, pour tous vivres, il y a à Corfou cent quarante mille quintaux de mauvaise farine<sup>[^2]</sup> ; mais le général Donzelot ne dit pas tout, car on m’assure qu’il y avait plusieurs milliers de quintaux de grains. J’attends avec impatience d’apprendre si votre convoi du 8 est arrivé. Il me semble qu’il était de cent milliers de poudre. Si les Russes avaient là des magasins, pourquoi ne les avoir pas pris ? Il ne doit pas vous être difficile d’embarquer cinq ou six cents outils ; cela occupe peu de place. Un des généraux de brigade qui sont à Corfou prendra le commandement de Sainte-Maure<sup>[^3]</sup>. Faites passer à Corfou dix nouveaux officiers d’artillerie. Quant à l’argent, j’ai ordonné qu’on y envoyât, tous les mois, 250 000 francs<sup>[^4]</sup>. Depuis trois mois que j’ai donné cet ordre, il a dû y arriver 7 à 800 000 francs. Avec cela, on a pu faire tous les travaux et payer les troupes.</p><p>Je désire que l’aide de camp que vous enverrez vous rapporte un mémoire sur la situation de Corfou au 1<sup>er</sup> février, bastion par bastion, magasin par magasin. Tout me porte à penser que Corfou sera attaqué au mois de mars ou d’avril.</p><p>J’ai fait partir d’Ancône et de Venise des corvettes et des bricks ; je n’ai pas de nouvelles de leur arrivée.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3> [^1]: César Berthier, frère du maréchal, gouverneur des îles Ioniennes à Corfou. [^2]: Laissées en magasin par les Russes. [^3]: Louis Camus. [^4]: Voir plus bas les lettres à Mollien et Donzelot. [^5]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 13500]</body>
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