CG8-17078.md

identifiantCG8-17078.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/01/26 00:00
titreNapoléon au général Marmont, commandant de l’armée de Dalmatie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17078. - </b>Au général Marmont, commandant de l’armée de Dalmatie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 26 janvier 1808</h2><p>Monsieur le général Marmont, votre aide de camp m’apporte votre lettre du 9 janvier. J’ai déjà écrit depuis longtemps à Sebastiani pour que la Porte prenne des mesures telles qu’en cas de siège de Corfou vous ayez passage pour un corps de 8 000 hommes qui se rendrait à Butrinto. J’ai à Corfou des moyens de transport, et votre armée, que vous pourriez porter jusqu’à 12 000 hommes et qui serait composée de trois divisions, passerait en peu de jours à Corfou, pour se joindre à la garnison et jeter les Anglais dans la mer. La Porte a ordonné également que des Tartares fussent placés depuis Butrinto jusqu’à Cattaro, pour que les officiers venant de Corfou arrivent rapidement aux Bouches, et que, de même, non seulement les officiers que vous expédierez puissent faire ce trajet avec la même rapidité, mais encore pour que quelques envois de poudre que vous pourrez faire passer par terre, soient protégés. Commencez par expédier par terre 50 mulets chargés de poudre, chaque mulet portant deux barils, ce qui fera un total de cent barils ou dix milliers. Moyennant vos négociations de Scutari et de Berat, vous pourrez facilement obtenir le libre passage. Écrivez à cet effet. Faites également partir plusieurs petits bateaux chargés de poudre, qui iront le long des côtes et réussiront à passer à Corfou à travers la croisière ennemie. Il est probable que, sur cinq bateaux, chargés de trois milliers de poudre chacun, il en arrivera trois ou quatre. Si vous aviez moyen de faire passer aussi quelques affûts, soit de siège, soit de côtes, soit de places, faites-le ; il paraît qu’ils en ont besoin.</p><p>Envoyez régulièrement, au moins tous les quinze jours, un de vos officiers à Corfou ; que le général César Berthier vous en envoie un des siens, aussi tous les quinze jours : par ce moyen vous aurez, toutes les semaines, des nouvelles de Corfou, et cette grande quantité d’officiers, passant et repassant, prendra une connaissance parfaite des localités.</p><p>J’approuve fort l’envoi d’un agent à Berat<sup>[^1]</sup>. Il faut connaître à fond cette route, dont le détail, lieue par lieue, m’intéresserait beaucoup.</p><p>Je ne conçois pas ce que vous me dites que la Dalmatie ne peut pas fournir de chevaux ; elle en fournissait plusieurs milliers aux Vénitiens.</p><p>Tenez un agent près l’évêque des Monténégrins<sup>[^2]</sup>, et tâchez de vous concilier cet homme. J’ai, je crois, un consul à Scutari<sup>[^3]</sup>, mais il ne m’écrit pas souvent ; exigez qu’il vous écrive tous les jours. Envoyez-moi des renseignements sur les golfes de Durazzo et de la Vallona. Des bricks, ou même des frégates peuvent-elles y entrer ? Comme vous êtes le maître d’y envoyer des ingénieurs ou des marins, envoyez-y. Recueillez les renseignements que des gens du pays pourraient vous fournir, et faites-moi passer des croquis et des mémoires qui me fassent bien connaître ce que c’est que ces deux golfs.</p><p>Je suppose que, dans le cas où une escadre de douze ou de quinze vaisseaux arriverait à Corfou ou à Raguse, les mesures sont prises pour la mettre à l’abri de forces supérieures ; répondez-moi cependant sur cette question.</p><p>Je vois avec plaisir que vous n’avez pas de malades. J’ai ordonné au vice-roi<sup>[^4]</sup> de vous envoyer encore 2 000 hommes pour renforcer vos cadres.</p><p>Le ministre de la Guerre m’a fait connaître que vous demandiez le général Montrichard<sup>[^5]</sup> ; il est parti pour prendre service sous vos ordres.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3> [^1]: Marmont a nommé Vernazza, vice-consul, dans les premiers jours de janvier. Toutefois, sa nomination officielle ne sera ratifiée que le 29 novembre 1809. [^2]: Tomich, officier de la légion dalmate envoyé près du vladika Petar I Petrović Njegoš. [^3]: Bruère fils. [^4]: Eugène. [^5]: Voir CG8-17033. [^6]: Expédition, Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, 542/1. [C 13489] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 875, janvier 1808, n° 117) : « envoyée sous le couvert du prince Eugène ».</body>