CG8-17075.md

identifiantCG8-17075.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/01/26 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi de Naples
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17075. - </b>À Joseph, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 26 janvier 1808</h2><p>Mon frère, je vous ai écrit hier fort au long sur ce que je médite. Je suppose que vous m’avez déjà répondu en m’envoyant tous les renseignements convenables. Tout me porte à penser que cela aura lieu avant le 15 février<sup>[^1]</sup>. Il faut que vous ayez des moyens d’embarquer 3 à 4 000 hommes sur de très gros bâtiments. Alors on pourra aller partout où on voudra, parce qu’avec 15 000 hommes on n’aura pas à s’assujettir à s’assurer d’un point. Le principal est que Scilla soit pris. Votre lettre du 15 n’en parle pas, cela m’intrigue beaucoup.</p><p>Répétez, je vous prie, au général César Berthier qu’il faut qu’il ne mette pas de troupes françaises à Céphalonie ni à Zante, et que tout ce qu’il a de troupes françaises doit être réuni à Corfou et à Sainte-Maure. J’attends avec impatience la nouvelle que le 14<sup>e</sup>, les détachements du 6<sup>e</sup> et les Italiens sont arrivés. Du moment que l’on pourra compter sur la réunion de 6 000 hommes à Corfou, il n’y aura plus à craindre que les Anglais viennent y débarquer, puisqu’ils ne pourraient pas le faire avec 12 000 hommes, force qui n’est pas en proportion avec les moyens de l’Angleterre.</p><p>J’ai écrit à la Porte pour que, le cas arrivant que les Anglais débarquassent à Corfou et fissent le siège de la place, l’armée de Dalmatie pût partir de Cattaro, traverser le territoire d’Ali-Pacha et arriver devant Corfou. J’ai là 20 000 hommes qui, arrivés à Butrinto, passeraient facilement à Corfou, se joindraient à la garnison et culbuteraient les assiégeants dans la mer. Je compte que, si le 14<sup>e</sup>, le reste du 6<sup>e</sup> et les Italiens sont arrivés à Corfou, on ne laissera pas les Anglais débarquer ; mais, que si le débarquement s’effectuait, on se défendrait pendant plus de six mois. Il est probable qu’avant que deux mois se soient écoulés depuis le commencement du blocus, l’armée de Dalmatie serait arrivée à Butrinto. Marmont a envoyé un consul à Berat<sup>[^2]</sup>, et j’ai fait demander à Ali-Pacha ce que d’ailleurs je lui ai fait ordonner par la Porte que des Tartares<sup>[^3]</sup> soient placés depuis Butrinto jusqu’à Cattaro, pour la rapidité des communications.</p><p>Puisque Mocenigo<sup>[^4]</sup> est à Naples, vous pouvez savoir de lui la quantité de poudre que les Russes ont laissée à Corfou ; il est ridicule qu’on ne fasse pas la remise de ces poudres.</p><p>Il m’importe beaucoup que vous donniez des ordres et que vous preniez des mesures pour connaître la quantité de vaisseaux de guerre, frégates, etc., que les Anglais ont vis-à-vis Corfou ; le rapport doit vous en être fait par Otrante et Brindisi. Je désire que vous vous fassiez informer également du nombre de vaisseaux de guerre qui pourraient trouver refuge à Brindisi, et si les batteries qui doivent protéger cette rade sont en état de défense. Il me tarde bien d’apprendre que Scilla soit pris.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3> [^1]: Voir plus haut la longue lettre à Joseph sur l'opération projetée contre la Sicile. [^2]: Vernazza, auprès d’Ibrahim-Pacha. [^3]: Terme qui désigne les courriers employés par les diplomates dans l’empire Ottoman. [^4]: Était au service de la Russie comme gouverneur de la République des Sept-Îles à Corfou. [^5]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 13491]</body>
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