| identifiant | CG1-0597.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/05/14 00:00 |
| titre | Napoléon à Carnot, membre du Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 597. - </b>À Carnot, membre du Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Lodi, 25 floréal an IV [14 mai 1796]</h2><p><br/> </p><p>À la réception de la lettre du Directoire, du 18, vos intentions étaient remplies, et le Milanais est à nous. Je marcherai bientôt, pour exécuter vos vues, sur Livourne et sur Rome. Tout cela se fera dans peu de temps.</p><p>J’écris au Directoire relativement à l’idée de diviser l’armée[^1]. Je vous jure que je n’ai vu en cela que la patrie. Au reste, vous me trouverez toujours dans la ligne droite. Je dois à la République le sacrifice de toutes mes idées. Si l’on cherche à me mettre mal dans votre esprit, ma réponse est dans mon cœur et dans ma conscience.</p><p>Comme il serait possible que cette lettre au Directoire ne fût pas bien interprétée, et que vous m’avez témoigné de l’amitié, je prends le parti de vous l’adresser, en vous priant d’en faire l’usage que vous suggéreront votre prudence et votre attachement pour moi.</p><p>Kellermann commandera l’armée aussi bien que moi, car personne n’est plus convaincu que je ne le suis que les victoires sont dues au courage et à l’audace de l’armée ; mais je crois que réunir Kellermann et moi en Italie, c’est vouloir tout perdre. Je ne puis pas servir volontiers avec un homme qui se croit le premier général de l’Europe ; et d’ailleurs je crois qu’il faudrait plutôt un mauvais général que deux bons. La guerre est comme le gouvernement, c’est une affaire de tact.</p><p>Je ne puis vous être utile qu’investi de la même estime que vous me témoigniez à Paris. Que je fasse la guerre ici ou ailleurs, cela m’est indifférent : servir la patrie, mériter de la postérité une feuille de notre histoire, donner au gouvernement des preuves de mon attachement et de mon dévouement, voilà toute mon ambition. Mais j’ai fort à cœur de ne pas perdre, dans huit jours, deux mois de fatigues, de peines et de dangers, et de ne pas me trouver entravé. J’ai commencé avec quelque gloire, et je désire continuer d’être digne de vous. Croyez, du reste, que rien n’altérera l’estime que vous inspirez à ceux qui vous connaissent.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Voir ci-dessous, la lettre de B au Directoire. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 421, d’après la collection Napoléon.</body> |