CG1-0596.md

identifiantCG1-0596.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/05/14 00:00
titreNapoléon à Barras, membre du Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 596. - </b>À Barras, membre du Directoire exécutif</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Lodi, 25 floréal an IV [14 mai 1796]</h2><p><br/> </p><p>J’ai reçu la lettre du 18 du Directoire : je ne sais pas mon ami, si l’on est parvenu à me faire du tort dans votre esprit ; il y parait puisque vous établissez Kellermann dans le Milanais et que vous m’envoyez avec une division dans le fond de l’Italie. Je t’avoue que j’en ai été très affecté. Si l’on n’a pas en moi une confiance que l’on avait au commencement de la campagne, je te prie de m’en prévenir. Je demanderais ma démission. La nature, avec quelques talents, m’a donnée beaucoup de caractère ; je ne puis être utile ici qu’investi de toutes votre confiance. Si l’on veut me faire jouer un rôle secondaire, m’obliger à voleter sous des commissaires, à être soumis, <i>pour mes opérations</i> à un allemand dont je n’estime ni les <i>principes</i> ni le ton, je lui cèderai le champ. Cela ne fera aucun tort aux affaires puisque tout est si bien disposé actuellement que Kellermann trouvera tout en ordre pour faire marcher l’armée.</p><p>Murat[^1] m’écrit que ma femme est malade. Cela me fait une peine dont tu ne te fais pas d’idée. Je voudrais te prier de me rendre un service, c’est de décider Fréron à ne point épouser ma sœur. Ce mariage ne convient à personne de ma famille. Fréron est trop raisonnable pour s’obstiner à épouser un enfant de seize ans dont il pourrait être le père. On ne cherche pas une autre femme <i>lorsque</i> <i>l’on a deux enfants d’une femme qui vit</i>.</p><p>Adieu mon ami, sois assuré de la sincère amitié que j’ai pour toi et de mon dévouement pour le Directoire. Je serais toujours pour lui un des généraux de vendémiaire.</p><p><i>Mille choses à Tallien, à sa femme, à Mailly de Château Renaud, je pense qu’avant trois mois nous prendrons le thé ensemble</i>.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p>Quant tu liras cette lettre je serais à Vérone.[^2]</p><p><br/> </p><p style=""><br/> </p> [^1]: Joachim Murat (1767-1815), engagé en 1787, il entre au service de Bonaparte au moment de Vendémiaire, le suit en Italie. Il est nommé général de brigade le 10 mai 1796. [^2]: <span></span><span lang="it-IT"> Alberto Lumbroso, "</span><span lang="it-IT">Lettere inedite di Giusippina e di Napoleone a Barras, a Pico, a Brune, a Menou, a Tallien, a Réal, a Estève, a Carnot, a Defermon ed Fouché</span><span lang="it-IT">", </span><span lang="it-IT"><i>Miscellanea Napoleonica</i></span><span lang="it-IT">, n° 5, 1898, p. 261, d’après la collection Danton.</span></body>