CG8-16959.md

identifiantCG8-16959.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/01/07 00:00
titreNapoléon à Charles Frédéric, grand-duc de Bade
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 16959. - </b>À Charles Frédéric, grand-duc de Bade</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 7 janvier 1808</h2><p>Mon frère, Votre Altesse ignore les mauvais traitements dont on use envers ma fille<sup>[^1]</sup>. Son bon cœur et l’amitié qu’elle a pour moi l’auraient portée à y mettre ordre. Ils sont d’une nature telle que ma tendresse pour cet enfant et mon honneur, me font un devoir d’intervenir. Je me repens tous les jours du mariage que j’ai fait. Votre petit-fils fait le malheur d’une princesse dont il est peu digne. L’opinion de tout le monde est que les mauvais conseils du margrave Louis<sup>[^2]</sup> sont cause de ce qui arrive. Quoiqu’il en soit, je demande catégoriquement à Votre Altesse si elle veut et peut intervenir pour que ma fille soit traitée comme elle doit l’être et pour que les personnes qui l’entourent aient pour elle le respect et les égards qu’on lui doit. J’ai fait du bien à la Maison de Bade ; je l’ai honorée de mon alliance ; tant pis pour ceux ou celles de cette Maison qui ne le sentiraient pas. Ce n’est pas à vous, mon frère, que ces reproches s’adressent. Je suppose simplement que vos infirmités sont cause que vous ignorez les bassesses que l’on commet. J’écris à Votre Altesse pour lui faire connaître que, si le margrave Louis son fils est décidé à occasionner le malheur de ma fille, je désire qu’on me la renvoie. Tout ce que j’apprends des intrigues de ce prince peut à peine se concevoir. Son mauvais caractère m’était connu, mais je pensais qu’il aurait eu assez d’esprit pour ne pas me forcer à intervenir dans les affaires intérieures de votre cour. Je prie Votre Altesse de faire connaître à mon chambellan le sieur Talleyrand<sup>[^3]</sup> ses intentions positives. Si elle n’a point le pouvoir de mettre fin aux mauvais procédés du margrave Louis, et de faire revenir son petit-fils à des sentiments d’honneur et d’honnêteté, je redemande ma fille. Je sais combien cette lettre doit affliger le cœur de Votre Altesse. Je me suis tu longtemps, mais je suis obligé de parler.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Voir la lettre précédente. [^2]: Louis, second fils du grand-duc, oncle de l'époux de Stéphanie. [^3]: Voir note 3 de la lettre précédente. [^4]: Expédition, Generallandesarchiv Karlsruhe (Allemagne), FA Pers. 5 Nr. 21.</body>