CG7-16939.md

identifiantCG7-16939.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/12/28 00:00
titreNapoléon à Gaudin, ministre des Finances
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16939. - </b>À Gaudin, ministre des Finances</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Turin, 28 décembre 1807</h2><p>Maret vous enverra un décret pour l’établissement d’un conseil extraordinaire de préfecture dans les neuf départements au-delà des Alpes. Vous verrez qu’il n’y est pas question de Parme ni de Plaisance, mon intention étant de ne rien aliéner dans ce pays. Vous me présenterez, à votre prochain travail, la nomination des membres de ce conseil. Il faut que le président soit un homme fort intelligent.</p><p>La dette du Piémont ne se monte plus qu’à 1 200 000 francs, sur lesquels 230 000 francs appartiennent à la maison Carignan<sup>[^1]</sup>. Mais, dans les états que l’on m’a remis, on n’a pu me justifier ce que je demandais. Chargez le sieur Dauchy<sup>[^2]</sup> de prendre de nouveaux renseignements. En effet, la dette du Piémont était de 2 400 000 francs de rentes ; 825 000 francs ont été amortis par décrets sur celles appartenant à des mainmortes ; 365 000 francs l’ont été par des ventes de domaines ; ce qui réduit la dette à 1 200 000 francs. Mais comment n’y a-t-il que 365 000 francs d’amortis par les ventes, lorsque les ventes se sont élevées, par les états qui m’ont été remis, à 8 millions pour le domaine et 5 800 000 francs pour la Caisse d’amortissement, ce qui produirait une extinction de 6 à 700 000 francs de rentes ? Prenez des éclaircissements là-dessus.</p><p>Ce que la Caisse d’amortissement a acquis de <i>monti</i><sup>[^3]</sup> a été consolidé sur le grand-livre du Piémont. Je désire que vous en fassiez un rapport qui me fasse connaître combien la Caisse d’amortissement a acquis de <i>monti,</i> combien elle a vendu de domaines, combien, par le décret du mois de mai 1808, il y a eu d’inscrit sur le trésor. Je désire également connaître la partie des actions du […] qui sont éteintes, et la partie des décomptes pour la dette d’incorporation de propriétés religieuses que le sieur Defermon a liquidées, et qui ne faisaient point partie des <i>monti.</i> Je désire aussi connaître la partie des domaines qui ont été vendus soit par le domaine, soit par la Caisse d’amortissement, et qui n’auraient pas encore opéré amortissement parce que les acquéreurs n’auraient pas payé.</p><p>Vous avez donné un trop grand privilège à la Caisse d’amortissement lorsque vous m’avez fait décréter que tout ce qu’elle acquerrait de <i>monti</i> serait inscrit sur le grand-livre. Il me semble qu’il serait plus naturel qu’elle conservât ses rentes sans inscriptions, et que vous me proposiez un projet pour constituer sur le grand-livre la partie des <i>monti</i> qu’elle a achetée, et pour la faire compter de clerc à maître.</p><p>Le million de rentes qui est encore entre les mains des particuliers du Piémont, avec les 700 000 francs qui restaient de l’office de Saint-Georges<sup>[^4]</sup>, forment un capital de 34 millions, desquels il faut ôter la partie des mainmortes, etc., ce qui réduira ces 1 700 000 francs de rentes à 1 500 000 francs. Ces 1 500 000 francs de rentes forment 30 millions, dont on pourrait se libérer en laissant courir les rentes pour 1808, ce qui diminuerait d’autant, et en inscrivant pour 1809 le tiers de ces rentes sur le grand-livre, c’est-à-dire 500 000 francs, et en donnant 20 millions de domaines pour être partagés entre les porteurs des deux tiers ; ce qui aurait l’avantage d’obliger les Génois et autres à employer leurs fonds dans les domaines, et de ne pas charger trop le grand-livre.</p><p>Vous trouverez ci-joint un décret pour organiser une liste civile à Parme et à Gênes. Donnez ordre à l’intendant général du Trésor, Dauchy, de s’entendre avec M. Salmatoris, que je nomme intendant de la liste civile de Parme et de Gênes<sup>[^5]</sup>.</p><p><br/> </p><p><i>P. S. </i>Vous trouverez ci-joint des pièces qui m’ont été remises ici. Vous pouvez les consulter ; mais mon intention est que vous me les rapportiez à votre travail, telles qu’elles sont.<sup>[^6]</sup></p> [^1]: Branche cadette de la maison de Savoie, qui accédera au trône avec Charles Albert. [^2]: Intendant général du Trésor. [^3]: Les monts-de-piété. [^4]: Banque de Gênes. [^5]: Voir CG7-16934 et 16935. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 874, décembre 1807, n° 82.</body>