CG7-16930.md

identifiantCG7-16930.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/12/27 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16930. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Turin, 27 décembre 1807</h2><p>Mon fils, je suis arrivé à Turin hier, à quatre heures. J’ai été fort satisfait de l’esprit de cette ville et de celles du Piémont que j’ai traversées.</p><p>Je vous envoie un décret qui règle la force de mon armée italienne pour 1808, et qui est la base du budget. Je vous l’envoie en minute, pour que vous voyiez si je n’ai point oublié quelque chose. Vous me le renverrez pour que je le signe.</p><p>Vous dirigerez les régiments de Toscane qui arrivent à Bologne sur Parme. Je donne ordre au maréchal Pérignon d’en former un régiment ; cela ne coûtera rien à mon Trésor d’Italie. Je n’ai pas eu le travail général de l’artillerie ; je désire cependant que vous ayez les yeux sur l’approvisionnement de Palmanova, et que vous y réunissiez les bombes et munitions d’artillerie nécessaires, de manière à avoir là mille boulets ou bombes par pièce et deux affûts par pièce. Vous devez veiller à ce que cet approvisionnement soit rendu à Palma nova avant le commencement de mai. Je vous recommande surtout beaucoup les bombes. De quelle place les retirerez-vous ? Il faut là huit à dix mille bombes de 8 pouces ; ce qui est une dépense de 80 à 100 000 francs. Si vous en avez à Venise ou à Mantoue, faites-les venir de ces places ; si vous n’en avez pas, faites-les faire. Il est donc convenable que vous me présentiez le projet des munitions d’artillerie nécessaires pour l’emploi des 1 400 000 francs que j’ai affectés dans le budget pour les dépenses, ainsi que le projet des affûts et des caissons à construire.</p><p>Vous verrez que, par mon décret, j’ajoute au bataillon des sapeurs un bataillon du train.</p><p>Vous vous servirez des chevaux pour les transports par terre, de manière que vous n’aurez aucun argent à dépenser pour les transports militaires.</p><p>Corfou est tellement bloqué que je pense très inutile d’y rien faire passer. Il serait cependant bon que vous puissiez mettre cinquante milliers de poudre sur une corvette bonne marcheuse, que vous confierez à quelque bon officier qui tenterait de se glisser dans Corfou ; il faudrait de l’habileté de la part de cet officier. Il ne faut rien envoyer sur des bâtiments mauvais marcheurs, qui se laissent surprendre par des vaisseaux de guerre ; il ne faut envoyer que des corvettes bonnes marcheuses, qui peuvent échapper facilement.</p><p>Faites mettre vingt milliers de poudre sur chacun des deux bricks qui sont à Ancône, et faites-les passer à Corfou. Prévenez-les que cette île est bloquée et qu’ils doivent manœuvrer de manière à éviter les croisières anglaises. La poudre est très nécessaire à Corfou, que je crois menacée d’une attaque au mois de février.</p><p>Il faut organiser le bataillon dalmate, qui est en Dalmatie, de soldats et de grenadiers et voltigeurs de la légion dalmate ; que j’aie là 800 hommes, c’est tout ce qu’il faut ; mais, pour le former et l’organiser véritablement bien, il faut l’envoyer à Cattaro.</p><p>Faites partir 200 hommes à pied de chacun des 3<sup>e</sup> et 24<sup>e</sup> régiments de chasseurs pour la Dalmatie, où ils seront montés et compléteront l’escadron qui s’y trouve. On fera confectionner les selles en Dalmatie, selon l’usage du pays. Envoyez également une compagnie de 150 hommes à pied des chasseurs royaux, qui se monteront aussi en Dalmatie, de manière que j’aie bientôt de 7 à 800 hommes à cheval. Prescrivez au général Marmont de prendre des mesures pour que ces remontes se fassent avec les chevaux du pays et au meilleur marché possible.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 13418, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg (minute, Archives nationales, AF IV 874, octobre 1807, n° 76).</body>