| identifiant | CG7-16880.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/12/12 00:00 |
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| titre | Napoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16880. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Udine, 12 décembre 1807</h2><p>La déclaration de guerre de la Russie à
l’Angleterre, le départ de la majorité des troupes anglaises qui
étaient en Sicile pour l’Océan, me font désirer de réunir une
masse de forces dans mon port de Toulon. Mon escadre de Cadix a déjà
l’ordre de s’y rendre.</p><p>Mon intention est que, vingt-quatre heures après
la réception de la présente lettre, vous envoyiez l’ordre au
contre-amiral Allemand de partir avec mon escadre de Rochefort pour
se rendre à Toulon. Vous le préviendrez de l’ordre que j’ai
donné à mon escadre de Cadix. Si Toulon était bloqué, il se
rendrait à Villefranche ou dans le golfe de Juan, ou à Gênes. Il
pourra prendre langue à Ajaccio ou à Saint-Florent sur l’état de
la mer. Si des circonstances majeures le mettaient à même d’entrer
à Cadix, il se mettrait sous les ordres de l’amiral Rosily, qui
profitera de cette supériorité qu’il aurait pour sortir avec les
deux escadres réunies.</p><p>Vous ne manquerez pas de faire connaître que les
ports de Portoferraio, Saint-Florent, Gênes, La Spezia, Naples,
Tarente, Corfou, sont à sa disposition, et qu’il trouverait
partout protection contre une escadre supérieure. S’il vous est
possible de joindre un sixième vaisseau à l’escadre de Rochefort,
vous ne manquerez pas de le faire. Vous prendrez des mesures pour que
<i>L’Incorruptible</i> et <i>L’Uranie</i> soient armés sans
délai à Toulon.</p><p>Donnez l’ordre à l’escadre de Lorient,
composée du <i>Courageux</i> et de deux des quatre frégates que
j’ai dans ce port, de se rendre à Toulon. Vous lui prescrirez tout
ce qui est convenable pour le passage du détroit<sup>[^1]</sup>,
et leur donnerez l’ordre de se rendre à Saint-Florent ou Ajaccio,
avant de se rendre dans le port de Toulon, pour s’assurer qu’il
n’est point bloqué. Vous donnerez le même ordre au <i>d’Hautpoul</i>
et aux deux autres frégates ; ce qui fera deux escadres séparées.
Vous préviendrez également ces escadres que tous les ports de la
Méditerranée sont à leur disposition.</p><p>Vous donnerez l’ordre également à la<i>
Pénélope</i> et à la<i> Thémis</i> de se rendre à Toulon et de
n’aborder dans ce port qu’autant qu’il ne serait pas bloqué,
et, dans le cas qu’il le fût, de se retirer sur Gênes ou autres
ports de la côte. Donnez ordre à la<i> Danaé,</i> qui est à
Gênes, de se rendre à Toulon.</p><p>Donnez ordre à mon escadre de Brest, composée de
sept vaisseaux, une frégate et un brick, de partir également pour
se rendre à Toulon. Vous ferez connaître à l’amiral<sup>[^2]</sup>
que, mes escadres de Rochefort et Cadix ayant ordre de se rendre dans
cette rade, il serait possible que ce port se trouvât bloqué. Il
pourra donc, selon les vents, prendre langue à Portoferraio ou à
Ajaccio.</p><p>En supposant que l’escadre de Cadix ne pût pas
sortir, j’avais dans le courant de l’hiver dix-huit vaisseaux à
Toulon, deux russes qui feraient vingt, et sept espagnols ; ce qui me
ferait vingt-sept vaisseaux ; et à Cadix cinq vaisseaux français et
dix espagnols, total quinze. J’aurai outre cela probablement à
Lisbonne une autre escadre. Ces combinaisons sont déjà un véritable
sujet d’appréhension pour l’Angleterre.</p><p>Faites préparer à Toulon le<i> Frontin</i> et
deux ou trois grosses flûtes<sup>[^3]</sup>.</p><p>Donnez vos instructions bien détaillées, parce
qu’avec la grande quantité de ports que j’ai dans la
Méditerranée, et les mois de juin et de juillet, je n’aurai rien
à craindre. Mes vaisseaux auront refuge dans mes ports de Corse,
d’Italie et même de l’Adriatique, s’ils étaient poursuivis.
Envoyez à chaque commandant un état de ma situation dans
l’Adriatique, à Naples, etc., afin que, s’ils prenaient chasse,
ils sachent qu’ils trouveront partout refuge. Le seul point
scabreux est donc le passage du détroit. Or, l’escadre anglaise
qui bloque le passage de Cadix n’est pas en force suffisante pour
pouvoir se diviser.</p><p>Il ne s’agit que d’éviter les points de
reconnaissance ordinaires des côtes de Portugal et d’Espagne, et
que l’amiral soit prévenu, par l’envoi d’un officier de
confiance, de tout ce plan, afin qu’il se trouve toujours à bord,
et prêt à saisir le premier moment pour tenir en échec l’escadre
anglaise. Je préfère que vous envoyiez un officier de votre
état-major au général Rosily pour lui communiquer ces ordres du
moment qu’ils seront partis.</p><p>J’ai à Brest sept vaisseaux en état de partir
; je désire qu’ils partent tous les sept ; cependant je vous
autorise, s’il y a lieu, à n’en faire partir que six, afin de
rendre les équipages plus complets.</p><p>Faites presser les travaux de Gênes et de Toulon,
afin que je puisse faire verser sur d’autres vaisseaux les
équipages des mauvais vaisseaux qui de Brest viendraient à Toulon.
Tâchez que <i>Le Jemmapes</i> soit avec l’escadre de Rochefort.
Réitérez vos ordres pour que les frégates du Havre se rendent à
Cherbourg. Faites mettre en armement les frégates qui seraient à
l’eau.</p><p>Pressez l’amiral Rosily de partir<sup>[^4]</sup>.<sup>[^5]</sup></p>
[^1]: Gibraltar.
[^2]: Dordelin.
[^3]: Navires armés en transports.
[^4]: Il restera bloqué à Cadix.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 874, décembre 1807, n° 25.</body> |
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