CG7-16871.md

identifiantCG7-16871.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/12/07 00:00
titreNapoléon au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16871. - </b>Au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Venise, 7 décembre 1807</h2><p>Monsieur le général Savary, je reçois votre lettre du 4 novembre et les pièces qui l’accompagnent. Vous trouverez ci-joint une lettre que vous remettrez à Caulaincourt. Je serai le 20 décembre à Paris.</p><p>Le ministre des Relations extérieures vous a envoyé la convention avec l’Autriche et celle avec le Danemark<sup>[^1]</sup>.</p><p>Mes troupes sont entrées, à l’heure qu’il est, à Lisbonne, fort à propos pour l’escadre de l’amiral Siniavine, qui a jugé à propos de se rendre dans cette ville<sup>[^2]</sup>. J’ai fait passer votre <i>Déclaration</i> dans toute l’Adriatique, de sorte que pas un vaisseau, pas un brick russe ne deviendra victime de la rapacité anglaise.</p><p>Du moment que Caulaincourt sera bien au courant, revenez à Paris. Faites connaître à l’empereur que les rois de Hollande, de Naples et de Westphalie<sup>[^3]</sup> envoient des ministres à Saint-Pétersbourg ; j’attendrai cependant de savoir positivement si cela est agréable à l’empereur, ces souverains ne voulant rien faire qui ne lui plaise. Je pense que de grands seigneurs, riches, formeront à Saint-Pétersbourg autant de grandes maisons qui seront toutes dévouées à l’empereur, et marcheront dans le sens de Tilsit.</p><p>Les commandants des troupes russes qui sont à Padoue ont témoigné le désir d’attendre de nouveaux ordres de Saint-Pétersbourg avant de partir ; j’y ai consenti. Il y a eu aussi de petits différends avec les commandants, qui veulent être traités différemment que notre administration ne le comporte. Tout sera réglé à l’amiable, et il ne leur sera rien refusé de tout ce qu’il est convenable de leur accorder. Les prisonniers russes qui sont partis de Mayence sont armés de mes meilleurs fusils<sup>[^4]</sup> ; vous pouvez le dire à l’empereur, qui à leur arrivée à Riga, pourrait prendre ces fusils pour ses gardes.</p><p>Revenez à Paris ; je serai fort aise de vous voir, car vous connaissez l’attachement que je vous porte et le cas que je fais de vos services ; je me plairai à vous en donner des preuves dans toutes les circonstances, tout en blâmant cependant la force de vos reparties aux observations du ministre des Relations extérieures, qui ne vous écrit rien que je ne lui aie ordonné de vous écrire. M. le général Savary voudra bien permettre que, toutes les fois que je trouve des observations à faire à ses rapports, je les lui fasse dire.</p><p>J’ai des forces considérables à Corfou. L’armée de Dalmatie est en bon état. Toutes les nouvelles qu’on vous a données de Turquie sont controuvées. Mon premier but, comme le premier sentiment de mon cœur, est de modifier ma politique de manière à accorder mes intérêts avec ceux de l’empereur Alexandre.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: Traité frontalier du 10 octobre avec l’Autriche ; traité d’alliance du 31 octobre avec le Danemark. [^2]: Voir CG7-16866. [^3]: Respectivement, Louis, Joseph et Jérôme Bonaparte. [^4]: Voir CG7-16714, 16726 et 16758. [^5]: Expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 34. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 874, décembre 1807, n°18) : « À remettre en son absence au général Caulaincourt. ». La présence de cette lettre dans les archives de Caulaincourt laisse à penser que Savary était absent lors de la réception de la lettre.</body>