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CG7-16866.md| identifiant | CG7-16866.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/12/07 00:00 |
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| titre | Napoléon à Alexandre Ier, empereur de Russie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16866. - </b>À Alexandre I<sup>er</sup>, empereur de Russie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Venise, 7 décembre 1807</h2><p>Monsieur mon frère, j’ai envoyé, pour résider
auprès de Votre Majesté, M. de Caulaincourt. L’avantage qu’il a
d’être connu d’elle, et les bontés dont elle l’a honoré dans
sa première mission et pendant les moments heureux que j’ai passés
à Tilsit, m’ont fait penser que ce choix pourrait lui être
agréable.</p><p>Je suis depuis plusieurs jours à Venise. Les
troupes de Votre Majesté qui étaient à Corfou sont arrivées à
Padoue. J’ai fait dire au colonel qui les commande de venir me
trouver à Trévise, étant bien aise de savoir par moi-même s’il
ne leur manque rien. Mon ministre à Vienne<sup>[^1]</sup>
m’avait fait connaître que le passage leur était ouvert par
l’Autriche ; mais j’approuve l’opinion où sont leurs
commandants d’attendre, avant de partir, les ordres de Votre
Majesté. Toutefois elle peut être sans inquiétude sur elles.</p><p>Deux vaisseaux de la flotte de Votre Majesté sont
arrivés à Portoferraio ; je leur ai fait conseiller de se rendre à
Toulon, où ils pourront être radoubés et remis en bon état.</p><p>L’escadre de l’amiral Siniavine est arrivée à
Lisbonne ; heureusement que mes troupes doivent y être à l’heure
qu’il est<sup>[^2]</sup>.
Il serait bon que Votre Majesté donnât autorité au comte de
Tolstoï sur cette escadre et sur les troupes, afin que, l’occasion
de les employer arrivant, nous puissions le faire sans attendre de
nouvelles directions de Saint-Pétersbourg. Je pense aussi que cette
autorité immédiate de l’ambassadeur de Votre Majesté aurait le
bon effet de faire cesser la méfiance dont parfois les commandants
sont agités sur les sentiments de la France<sup>[^3]</sup>.</p><p>Lorsque Votre Majesté recevra cette lettre, je
serai de retour à Paris. Je me flatte que le comte de Tolstoï aura
été content de moi ; je le désire beaucoup, car je suis bien
heureux de toutes les circonstances qui peuvent mettre au grand jour
les sentiments que je porte à Votre Majesté.</p><p>Je reçois au même instant la lettre de Savary,
du 4 novembre, que m’apporte un de ses officiers, et la <i>Déclaration
</i>que Votre Majesté a fait passer à la cour de Londres<sup>[^4]</sup>.
De toutes les puissances du continent, il ne reste plus que la Suède
qui soit en paix avec l’Angleterre ; Votre Majesté y mettra
probablement bon ordre.</p><p>Je suis vraiment heureux de voir se consolider
l’ouvrage de Tilsit. Je le serai davantage lorsque Votre Majesté
tiendra sa promesse de venir à Paris : ce sera un moment bien doux
pour moi et pour mes peuples. Nous viendrons à bout de l’Angleterre,
nous pacifierons le monde, et la paix de Tilsit sera, je l’espère,
une nouvelle époque dans les fastes du monde.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Andréossy.
[^2]: Depuis le 30 novembre.
[^3]: De fait, l’amiral Siniavine est hostile aux Français.
[^4]: <span></span> Dans cette <i>Déclaration</i> du 26 octobre 1807, le Tsar rompt toute communication avec l’Angleterre et se dit attaché aux principes de la neutralité armée, « ce monument de la sagesse de l’impératrice Catherine » (<i>Moniteur </i>du 11 décembre 1807).
[^5]: <span></span> Expédition, Archives des Affaires étrangères de l’Empire russe (AVPRI), fds Chancellerie, inv. 468, 1807, d. 6043, p. 25 (minute, Archives nationales, AF IV 874, décembre 1807, n° 15). [<i>C</i> 13383]</body> |
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