| identifiant | CG7-16864.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/12/06 00:00 |
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| titre | Napoléon à Maret, ministre secrétaire d’État |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16864. - </b>À Maret, ministre secrétaire d’État</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Venise, 6 décembre 1807</h2><p>Je vois avec peine par vos bulletins que l’on
continue toujours à parler de choses qui doivent affliger
l’Impératrice et qui sont inconvenantes sous tous les points de
vue<sup>[^1]</sup>.
J’ai écrit fortement là-dessus au ministre de la Police<sup>[^2]</sup>.
Il ne serait pas hors de propos que, sans paraître en avoir mission
de moi, vous lui en parliez, en lui disant qu’en dernière analyse
on excite évidemment la populace à se mêler de choses qui ne
doivent pas la regarder ; comme tous ces bruits qui s’accréditent
si facilement ne peuvent atteindre le but d’influer sur ma manière
de voir et de sentir, n’est-il pas à craindre que je ne sois
obligé, malgré moi, à prendre une autre issue, en témoignant
publiquement mon mécontentement à ceux qui en sont les auteurs ? Je
désire que vous disiez quelque chose dans ce sens-là à Fouché ;
car je serais fâché, en considérant les services qu’il m’a
rendus et le cas que je fais de lui d’ailleurs, que la fausse
direction qu’il donne aux affaires m’obligeât à prendre un
parti. Je lui ai témoigné mon sentiment là-dessus à Fontainebleau
et dans une lettre que je lui ai écrite depuis. Il me semble que de
pareilles choses ne doivent pas se dire deux fois.</p><p>Faites mettre la note suivante dans les petits
journaux ; mais ayez bien soin qu’elle ne soit pas mise dans <i>Le
Moniteur.</i></p><p>« Deux mariages sont en train à Munich, celui de
la princesse Charlotte de Bavière avec le prince royal de
Wurtemberg<sup>[^3]</sup>,
et celui de la sœur de l’empereur de Russie avec le prince royal
de Bavière<sup>[^4]</sup>.
» Faites mettre cela sous la forme de <i>on dit.</i></p><p>Faites-y mettre également que le prince Auguste de Prusse, qui a
été fait prisonnier à Prenzlau, qui a demeuré longtemps à Nancy
et à Soissons, et en dernier lieu à Coppet, où il faisait la cour
à M<sup>me</sup> de Staël<sup>[^5]</sup>,
paraît avoir puisé à Coppet de fort mauvais principes. Les propos
qu’il tient depuis son arrivée à Berlin sont inconcevables. Ce
jeune prince est aussi fanfaron que plusieurs officiers de sa nation,
et aussi peu corrigé par les événements. Il accuse le prince de
Hohenlohe, le duc de Brunswick, le général Blücher, l’armée
prussienne, le roi<sup>[^6]</sup>
; tout le monde a fait mal, excepté lui. Tout ce qu’on sait de
lui, c’est qu’il a été pris dans un marais. Il n’y a ni
esprit ni générosité, jeune, sans expérience, sans avoir de
preuves, à déclamer contre de vieux militaires victimes de
circonstances impérieuses de la guerre. Nous sommes loin de blâmer
que le prince Auguste ait été fait prisonnier ; c’est un sort qui
arrive au plus brave ; mais, lorsqu’on survit à un tel malheur
sans qu’on n’ait reçu aucune blessure, on est en situation de se
justifier, et non d’accuser et de parler à tort et à travers sur
des choses qu’on ne sait pas et qu’on n’entend pas. Ce jeune
prince aurait encore besoin des conseils de son respectable père et
de sa digne mère<sup>[^7]</sup>
; ils lui seraient plus profitables que les leçons des mauvais
esprits qu’il a vus à Coppet, et que les mauvais propos qu’il y
a entendus.<sup>[^8]</sup></p>
[^1]: Ce sont les rumeurs sur le divorce qu’a lancées Fouché.
[^2]: Voir CG7-16708 et 16848.
[^3]: Guillaume. Ce mariage sera célébré l’année suivante.
[^4]: Le prince Louis recherchait la main de la grande-duchesse Catherine, mais Napoléon s’opposa à ce dessein.
[^5]: Il s’est surtout pris de passion pour Juliette Récamier.
[^6]: Frédéric-Guillaume III.
[^7]: Le prince Ferdinand, frère de Frédéric II, et son épouse Anne Élisabeth Louise de Brandebourg-Schwedt.
[^8]: Minute, Archives nationales, AF IV 874, décembre 1807, n° 8.</body> |
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