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CG7-16776.md| identifiant | CG7-16776.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/11/13 00:00 |
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| titre | Napoléon à Charles IV, roi d’Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16776. - </b>À Charles IV, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 13 novembre 1807</h2><p>Monsieur mon frère, j’ai reçu les lettres de
Votre Majesté des 29 octobre et 3 novembre<sup>[^1]</sup>.
Je dois à la vérité de lui faire connaître que je n’ai jamais
reçu aucune lettre du prince des Asturies<sup>[^2]</sup>,
et que, directement ni indirectement, je n’ai jamais entendu parler
de lui, de sorte qu’il serait vrai de dire que j’ignore s’il
existe<sup>[^3]</sup>.</p><p>Le traité que Votre Majesté a reçu lui aura
fait voir qu’en consentant que mes troupes fussent commandées par
elle ou par le prince de la Paix<sup>[^4]</sup>,
il ne m’était jamais venu dans l’idée que le prince des
Asturies pût les commander. Cette circonstance me ferait penser que
tous les griefs dont on charge le prince des Asturies ne sont pas
exacts.</p><p>Du reste, l’intérêt des peuples de Votre
Majesté et des miens veut que nous poussions vivement la guerre
contre le Portugal. Elle peut être sans inquiétude sur un
débarquement d’Anglais dans la Galice. L’expédition du Portugal
a manqué déjà, il y a quelques années, et, au moment où je
croyais que ce grand débouché allait être fermé aux Anglais,
Votre Majesté jugea à propos de faire sa paix<sup>[^5]</sup>.
J’ai trop de confiance dans sa loyauté et ses principes politiques
pour craindre que la même chose arrive aujourd’hui. Quelques
discussions de palais, affligeantes sans doute pour le cœur sensible
d’un père, ne peuvent avoir aucune influence sur les affaires
générales.</p><p>C’est dans cette croyance que je prie Votre
Majesté de croire à l’impatience que j’ai d’apprendre qu’elle
persiste dans les mêmes sentiments hostiles contre le Portugal,
sentiments dont toutefois, pour mon compte, je ne saurais me
départir. Que Votre Majesté ne doute pas du désir que j’ai de
voir la paix rétablie dans son palais, et de savoir qu’elle a
trouvé quelques consolations dans les inquiétudes qui l’assiègent,
car personne ne lui est personnellement plus attaché que moi.<sup>[^6]</sup></p>
[^1]: Phrase biffée sur la copie : « Je la plains sincèrement au milieu d’événements qui doivent être si affligeants pour son cœur ».
[^2]: Le futur Ferdinand VII.
[^3]: Ce n’est pas tout à fait exact. Voir CG7-16484.
[^4]: Godoy.
[^5]: La « guerre des Oranges » avait tourné court en 1801, Godoy et Lucien Bonaparte ayant été sans doute achetés par le Portugal.
[^6]: <span></span> Copie de minute, Archives nationales, AF IV 874, novembre 1807, n° 103. Notes sur la copie : « portée par M. de Tournon », « copie d’une lettre dont la minute a été égarée au bureau de la Commission de la Correspondance de Napoléon I<sup>er</sup> pendant les travaux exécutés aux Archives de l’Empire. Paris, le 16 octobre 1863. Dupont, sous-chef de la section du secrétariat ».</body> |
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