CG7-16661.md

identifiantCG7-16661.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/10/30 00:00
titreNapoléon au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16661. - </b>Au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 30 octobre 1807</h2><p>Monsieur le général Savary, je ne vous ai pas écrit depuis longtemps. J’attendais à chaque instant l’arrivée du comte Tolstoï et voulais vous écrire immédiatement après. J’apprends qu’il ne sera ici que dans cinq ou six jours ; je n’ai pas voulu tarder davantage à vous donner de nos nouvelles. Mon armée marche sur les frontières de Portugal, et, quand vous lirez cette lettre, elle sera à Lisbonne. C’est le général Junot qui la commande.</p><p>Je vais signer un traité d’alliance avec le Danemark. J’y ai fait mettre la clause que, si la Russie déclarait la guerre à la Suède, le Danemark ferait cause commune et ferait marcher son armée par la Norvège ou partout ailleurs.</p><p>La garnison de Cattaro est à Padoue ; elle vit bien avec les Français et est abondamment pourvue de tout. Celle de Corfou n’est pas encore arrivée à Ancône, mais je sais qu’elle est partie de Corfou.</p><p>L’amiral Siniavine est parti le 2 octobre, sans doute pour Cadix ; je présume qu’il y est arrivé à l’heure qu’il est.</p><p>Je suis toujours dans la même situation ; je n’ai aucune nouvelle de la Suède, ni de l’Angleterre.</p><p>Guilleminot<sup>[^1]</sup> m’a dit qu’il vous avait écrit ; il m’a assuré que les deux articles dont se plaint l’empereur étaient passés parce que les plénipotentiaires russes n’avaient fait aucune objection.</p><p>Les prisonniers russes sont à Cologne. J’attends l’arrivée de M. de Tolstoï pour les faire partir.</p><p>J’ai fait demander à la cour de Vienne le passage pour les garnisons de Corfou et de Cattaro ; je n’ai point encore de réponse, mais elles ne partiront que lorsque je me serai entendu avec M. de Tolstoï.</p><p>Je voulais aller en Italie, mais j’ai voulu retarder mon voyage pour attendre l’ambassadeur. Je n’écris pas aujourd’hui à l’empereur pour ne pas l’ennuyer. Je lui écrirai après avoir vu M. de Tolstoï. Communiquez-lui la partie de ces nouvelles qui peut l’intéresser.</p><p>Je suis ici à Fontainebleau depuis six semaines, où je chasse beaucoup.</p><p>Les Anglais disent que l’empereur de Russie a fait mettre l’embargo sur leurs bâtiments. Je n’en ai pas encore de nouvelles officielles. Les Américains sont très mal avec l’Angleterre, et l’on croit que ces deux puissances ne tarderont pas à être en guerre. L’Angleterre est aujourd’hui fort embarrassée, et si, comme je n’en doute pas, nous obligeons l’Autriche et la Suède à lui déclarer la guerre, il y a lieu de croire qu’elle ne tardera pas à venir à résipiscence.</p><p>Par ce qui me revient de tous côtés, je vois avec plaisir que tout prend de l’énergie en Russie. Je n’ai que de bons renseignements à donner des troupes russes qui sont en France. Vous ne sauriez trop dire à l’empereur combien je lui suis attaché, et combien le moment où je pourrai le revoir serait doux pour moi. Je me fais une vraie fête de voir M. de Tolstoï.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3> [^1]: Envoyé sur le Danube pour une médiation entre Russes et Turcs. [^2]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1779, fol. 126.</body>