CG7-16597.md

identifiantCG7-16597.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/10/22 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout, gouverneur général du grand-duché de Varsovie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16597. - </b>Au maréchal Davout, gouverneur général du grand-duché de Varsovie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 22 octobre 1807</h2><p>Mon cousin, je reçois vos lettres du 5 octobre<sup>[^1]</sup>. Le mémoire que vous m’envoyez sur l’esprit de la Pologne est sans doute de Zayonchek ou de quelqu’un de son parti ; c’est ce qu’on n’a cessé de me répéter quand j’étais en Pologne, c’est ce que les hommes chauds disent dans tous les pays.</p><p>Si vous ôtez de la Pologne les principales familles qu’on appelle oligarques, le parti qui s’est attaché aux Russes après les événements passés, il est clair qu’il ne restera plus personne<sup>[^2]</sup>. Mais tout cela ne marche pas ainsi. J’ai vu tous ces Polonais des grandes familles, que l’on veut calomnier, être justement ceux qui se sont prononcés davantage, et il n’est pas rare de les retrouver dans les troupes polonaises. Kollontay<sup>[^3]</sup>, au lieu de venir joindre à Varsovie, est resté en Russie et s’est fait mettre en prison. Il ne peut donc plus être question de lui. Les circonstances ont été dures. Je n’ai pas eu à me plaindre de la commission de Varsovie : elle a fait ce qu’elle a pu. Je n’ai point eu à me plaindre du prince Poniatowski, du comte Stanislas Potocki ; ils ont fait ce qu’ils ont pu.</p><p>Mon intention est donc que vous ne prêtiez point l’oreille à ces insinuations de partis et que vous vous mettiez bien avec le gouvernement de la Saxe ; laissez-le faire<sup>[^4]</sup>. Il est naturel que ces hommes désirent ne plus avoir de troupes françaises chez eux. Je désire plus qu’eux les retirer, et, du moment que les affaires de Prusse seront finies et que les choses auront pris un pli, je les retirerai. C’est ainsi que vous devez vous en expliquer. Le roi de Saxe est un homme de sens ; faites tout ce qui est possible pour lui être agréable<sup>[^5]</sup>.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: La lettre et la note de Davout sur l’état d’esprit en Pologne sont du 9 octobre et non du 3. [^2]: Deux partis s’opposaient en Pologne : celui de l’aristocratie, incarné par Poniatowski, avait été un peu trop attentiste au cours des premiers mois, s’il fallait en croire les patriotes prononcés qui servaient depuis longtemps dans l’armée française, tels que Dombrowski et Zayonchek. [^3]: Figure emblématique de la révolution polonaise de 1794. [^4]: <span></span> Le roi de Saxe Frédéric-Auguste 1<sup>er</sup> est devenu (grand-) duc de Varsovie. [^5]: Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 874, octobre 1807, n° 140) : « Envoyée par le major général ». [^6]: Expédition collection privée.</body>