| identifiant | CG7-16533.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/10/14 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16533. - </b>Au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 14 octobre 1807</h2><p>Monsieur le général Savary, je reçois votre lettre du 23
septembre. L’officier d’ordonnance Deponthon<sup>[^1]</sup>,
et l’aide de camp du prince de Neuchâtel, Périgord<sup>[^2]</sup>,
vous seront successivement arrivés depuis M. Montesquiou<sup>[^3]</sup>.
Vous aurez également reçu une partie des choses que vous avez
demandées. Je vous envoie aujourd’hui les lettres pour
l’impératrice régnante<sup>[^4]</sup>.</p><p>J’ai vu avec peine que vos lettres à M. de Champagny n’étaient
pas dans le style convenable. Un ministre est toujours un ministre.
D’ailleurs un homme sage et prudent n’accroît jamais le nombre
de ses ennemis. Quelle nécessité y avait-il de répondre à une
phrase banale par laquelle le ministre vous recommandait l’économie
? Vous donnant un crédit illimité, il était de son devoir, en
qualité de ministre qui a un budget dont il rend compte, de vous
dire d’économiser. Mais vous avez, messieurs, la tête près du
bonnet, vous vous formalisez trop. Vous avez eu d’autant plus tort
que je n’ai pas d’homme plus honnête et plus attaché que
Champagny.</p><p>Guilleminot<sup>[^5]</sup>,
en Valachie, s’est mêlé de beaucoup plus de choses qu’il ne
devait. Ses instructions ne lui disaient pas de signer l’armistice,
ni de stipuler des conditions absurdes, telles que la remise des
vaisseaux de guerre et la reprise des hostilités au 1<sup>er</sup>
mars si l’on ne s’arrangeait pas. La lettre que vous lui avez
écrite n’a donc aucun inconvénient. Si cet officier est encore à
Bucarest, ce que je ne crois point, et que, pour soutenir sa pointe,
il vous répondît qu’il a agi d’après ses instructions, vous ne
devez pas le croire. J’ai écrit à Sebastiani pour faire revenir
la Porte sur ces deux articles.</p><p>Mais le principal n’est pas ces deux articles : c’est la
remise des places fortes qui a dû indisposer l’empereur Alexandre.
M. de Champagny vous écrit longuement et vous envoie diverses pièces
que vous ne connaissez pas, telles que les articles secrets du traité
avec la Russie, et le traité d’alliance, afin que vous soyez au
fait de toutes les affaires.</p><p>Un courrier russe est parti, il y a trois jours ; il vous porte
des lettres qui seront probablement vues. Le fait est que l’amiral
Siniavine était encore le 20 septembre à Corfou. L’équipage dont
se plaint surtout le gouverneur de Corfou<sup>[^6]</sup>
est celui du vaisseau <i>L’Asie,</i> qui est commandé par un
Anglais ; mais ce sont là de petites affaires. Au reste, j’ai fait
donner à l’amiral l’avis de se méfier des Anglais ; je pense
que cela aura produit l’effet convenable.</p><p>Après ce que vous m’écrivez, je puis penser que du 15 au 17
l’ambassadeur Tolstoï sera ici. Il eût été très nécessaire
qu’il arrivât plus tôt, afin de pouvoir envoyer des ordres et des
instructions aux vaisseaux russes.</p><p>Les prisonniers russes sont arrivés à Cologne et à Coblence ;
on en a formé sept bataillons. On leur avait donné de mauvaises
armes à Metz ; j’ai ordonné qu’on les leur retirât et qu’on
leur en donnât de meilleures.</p><p>L’Angleterre n’a fait ici, ni directement ni indirectement,
aucune proposition. Tout porte à penser qu’elle est dans le
système de continuer la guerre. Notre première opération doit
être, aussitôt que lord Gower sera chassé de Saint-Pétersbourg,
de faire chasser le ministre anglais de Vienne<sup>[^7]</sup>.
À l’heure qu’il est, celui qui est à Lisbonne<sup>[^8]</sup>
doit avoir quitté cette ville.</p><p>J’ai vu avec plaisir que l’empereur faisait venir son armée
en Finlande. Il faut aussi obliger la Suède à fermer ses ports et à
déclarer la guerre à l’Angleterre.</p><p>Quant aux affaires de Turquie, c’est une chose qui demande bien
des combinaisons, sur laquelle il faut marcher bien doucement ; elle
est trop compliquée pour que vous puissiez connaître mes
intentions. J’attends pour tout cela M. de Tolstoï. Au reste, il
paraît que cet empire tombe tous les jours.</p><p>L’ambassadeur de la Porte, qui était d’abord allé à Vienne
et de Vienne s’était rendu à Paris, y était à peine arrivé
qu’il a reçu un courrier qui le rappelait à Constantinople.</p><p>Je vous envoie deux lettres du prince et de la princesse de Bade
pour l’impératrice<sup>[^9]</sup>.<sup>[^10]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Voir CG7-16387.
[^2]: <span></span> Alexandre Edmond de Talleyrand-Périgord, chef d’escadrons au 6<sup>e</sup> de hussards, aide de camp du maréchal Berthier.
[^3]: Voir CG7-16225 et 16226.
[^4]: Élisabeth Alexeïevna, née Louise de Bade.
[^5]: Adjudant commandant, envoyé en mission en Turquie pour y notifier le traité de Tilsit.
[^6]: César Berthier.
[^7]: Robert Adair.
[^8]: Strangford.
[^9]: Lettre de Charles et de Stéphanie de Bade pour Louise Auguste de Saxe. Note sur la minute : « Portée par M. de Saint-Aignan. Il n’a pas été écrit à l’Empereur de Russie. »
[^10]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 13253, d’après l’expédition communiquée par le baron de Havelt (minute, Archives nationales, AF IV 874, octobre 1807, n° 83).</body> |
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