CG7-16482.md

identifiantCG7-16482.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/10/06 00:00
titreNapoléon au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16482. - </b>Au général Savary, en mission à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 6 octobre 1807<sup>[^1]</sup></h2><p>Monsieur le général Savary, les frégates et les vaisseaux de transport russes ont paru devant Venise. 4 500 hommes de troupes de cette nation ont été débarqués et sont cantonnés dans les environs de Padoue. L’amiral<sup>[^2]</sup> doit être retourné dans les ports de l’Istrie. On leur a fourni tout ce dont ils avaient besoin, comme vous le verrez par la lettre ci-jointe écrite au vice-roi.</p><p>Les Anglais ont pris un brick et six bâtiments de transport russes dans l’Archipel. Je ne sais pas si c’est une déclaration de guerre ou une conséquence de toutes les vexations qu’ils ont l’habitude d’exercer en mer.</p><p>Vous avez eu tort de trouver mauvaise la conduite du général Rapp<sup>[^3]</sup>. Les officiers prussiens portent quelquefois leur insolence à un degré qu’un homme d’honneur ne saurait tolérer. Vous savez que le roi de Prusse est faible, et qu’il manque de l’énergie qui serait pourtant bien nécessaire pour imposer silence à ses officiers aussi lâches sur le champ de bataille qu’ils sont fanfarons et provocateurs hors de là<sup>[^4]</sup>. Enfin toutes les lettres des officiers de l’armée me prouvent que le général Rapp n’a pas pu faire autrement.</p><p>Les Russes, par suite de l’armistice, avaient évacué Bucarest ; immédiatement après, un courrier de Saint-Pétersbourg étant arrivé le 12 septembre à leur quartier général, ils sont rentrés dans la ville et ont réoccupé tout le pays. Vous sentez que cela inquiète beaucoup les Turcs. J’attends l’ambassadeur de Russie<sup>[^5]</sup> pour m’entendre avec lui sur toutes ces questions.</p><p>Lorsque les circonstances veulent que vous parliez des Prussiens, faites comprendre leur mauvaise conduite. D’ailleurs vous savez que, dans le traité de paix, j’ai stipulé la restitution de la Prusse comme la Russie a stipulé l’évacuation de la Valachie et de la Moldavie. Il est donc nécessaire que nous nous entendions sur tout cela, et, avec le désir que l’empereur Alexandre et moi avons de tout concilier, nous lèverons les difficultés sur tous les points. Je vous envoie un passage du bulletin de police d’aujourd’hui qui peut vous être utile, parce qu’il est possible que vous entendiez parler des hommes qu’il concerne<sup>[^6]</sup>.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 874, octobre 1807, n°14) : « Envoyé au ministre des Relations pour la faire partir par le courrier russe qui a apporté les pelisses (cette lettre n’est parti que deux jours après sa date) ». [^2]: Baratinski. [^3]: Il sanctionne sévèrement les propos ou la conduite de quelques officiers prussiens. [^4]: <span></span> Ce jugement sur les officiers prussiens n’a pas été publié par la <i>Correspondance</i> (n° 13225). [^5]: Pierre Tolstoï. [^6]: <span></span> Cette dernière phrase est absente de la <i>Correspondance</i>. Le bulletin de police du 6 octobre ne comporte aucun article susceptible d’intéresser Savary. Mais comme cette lettre est partie deux jours après sa rédaction il s’agit vraisemblablement d’un article, rédigé le 7, concernant les prisonniers russes à Metz. [^7]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1779, fol. 108. </body>