CG1-0553.md

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titreNapoléon à Barras, membre du Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 553. - </b>À Barras, membre du Directoire exécutif</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Fin avril 1796]</h2><p><br/> </p><p>Le Piémont est plein de prêtres et de nobles. Il n’est pas à penser que l’on puisse sitôt y opérer une révolution[^1]. La seule chose qu’ils aient à cœur et qui les intéresse vraiment, c’est d’obtenir la paix. Aussi le roi de Sardaigne est-il décidé à tout sacrifier pour l’obtenir. Beaulieu avait une armée superbe qui était l’espérance de la maison d’Autriche cette année. Aussi a-t-il été le premier à attaquer. J’ai, avec trente-cinq mille hommes, complètement défait, éparpillé et battu en détail, soixante-quinze mille. Si le Directoire prend des mesures promptes, me fait passer une partie de l’armée des Alpes, me fait passer de la cavalerie, et surtout met beaucoup de secrets dans ses projets et dans ce qu’il veut que l’on fasse, je serais avant peu maître de toute l’Italie et j’irais à Rome rétablir le Capitole. Mais si l’on ne m’explique pas ce que l’on veut, que je sois sans cesse arrêté de crainte de ne pas remplir vos intentions, et d’être accusé de vouloir me mêler de diplomatie, il sera impossible que je fasse de grandes choses. La guerre d’Italie dans ce moment est moitié militaire et moitié diplomatique. Endormir l’un par une suspension d’armes pour avoir le temps d’écraser l’autre, ou pour obtenir un passage et des subsistances est désormais le grand art de la guerre d’Italie.</p><p>Le pays d’ici est le plus beau du monde. Nous gardons par la suspension d’armes la plus belle partie du Piémont et nous avons ses places les plus fortes.</p><p><i>Je vis ici avec Saliceti en lui tenant un peu la bride. Car il voudrait souvent faire le représentant du peuple. Mais les succès inattendus, l’estime et l’amitié que l’armée me montre le retiennent en arrière. J’aime autant que ce soit lui qui soit ici qu’un autre. Mais je serais très mortifié qu’après avoir tout fait, surmonté tout ce qui était possible, on ne me montrerait pas autant de confiance qu’à tout autre.</i></p><p><i>Je désire que ma femme vienne par le Piémont me joindre. Elle ne sera pas à l’armée car j’ai actuellement derrière nos places fortes plus de &lt;…&gt;, de superbes plaines et où il y a de grandes villes</i>.</p><p><i>Je</i> <i>t’embrasse</i>.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p style=""><br/> </p> [^1]: Cette lettre reprend des thèmes éparpillés dans de nombreuses lettres antérieures. [^2]: <span></span><span lang="it-IT"> Alberto Lumbroso, "</span><span lang="it-IT">Lettere inedite di Giusippina e di Napoleone a Barras, a Pico, a Brune, a Menou, a Tallien, a Réal, a Estève, a Carnot, a Defermon ed Fouché</span><span lang="it-IT">", </span><span lang="it-IT"><i>Miscellanea Napoleonica</i></span><span lang="it-IT">, Roma, Modes e Mendel, 1898, n° 5, p. 259 d’après la collection Danton vendue en Angleterre en 1897 par la maison Etienne Charavay.</span></body>