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CG7-16249.md| identifiant | CG7-16249.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/08/28 00:00 |
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| titre | Napoléon à Alexandre Ier, empereur de Russie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16249. - </b>À Alexandre I<sup>er</sup>, empereur de Russie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 28 août 1807</h2><p>Monsieur mon frère, j’ai écrit, il y a peu de
jours, à Votre Majesté sur les affaires de Copenhague. Dans ce
moment, je reçois des lettres du 21 août qui m’apprennent que
cette ville est assiégée en règle. Je ressens une grande
indignation de cet horrible attentat, et j’éprouve un grand désir
d’en faire repentir le gouvernement anglais.</p><p>Il me semble que ce qu’il y aurait à faire
serait d’abord de forcer la Suède à se déclarer contre
l’Angleterre, ensuite d’obliger l’Autriche à chasser le
ministre anglais de Vienne<sup>[^1]</sup>
et à fermer le port de Trieste à l’Angleterre. Si Votre Majesté
partage ces sentiments, il ne s’agira que d’envoyer des
instructions à son ministre à Vienne<sup>[^2]</sup>,
et alors nos deux ambassadeurs demanderont de concert une conférence
au ministre des Affaires étrangères d’Autriche<sup>[^3]</sup>,
et s’efforceront de le persuader que l’intérêt de toutes les
puissances est de n’avoir aucune communication avec une puissance
qui foule aux pieds ce qu’il y a de plus sacré parmi les hommes.
Si, après quelques conférences, la cour de Vienne reste
récalcitrante, ils déclareront qu’ils ont ordre de quitter Vienne
si, dans un terme fixé, le ministre d’Angleterre n’a lui-même
quitté cette résidence. Je suppose que l’Autriche ne s’exposera
pas à une guerre combinée de nos deux États ; si elle le faisait,
elle aurait bientôt lieu de s’en repentir.</p><p>Quant à la Suède, je ne puis concevoir que le
souverain actuel<sup>[^4]</sup>
puisse être indifférent à ce qui se passe à Copenhague. On n’en
peut trouver l’explication que dans le caractère de ce prince.
Dans tous les cas, il est difficile qu’il reste neutre. S’il fait
cause commune avec les Anglais, il me semble que Votre Majesté m’a
dit que ses traités l’obligeaient à secourir le Danemark. Pour
moi, je lui donnerai tout secours, et l’armée que cette puissance
a en Norvège pourrait faire une diversion à l’attaque que Votre
Majesté ferait contre la Suède.<sup> [^5]</sup></p>
[^1]: Robert Adair. Londres a aussi détaché à Vienne un envoyé extraordinaire, Lord Pembroke.
[^2]: Kourakine.
[^3]: Le chancelier Stadion.
[^4]: Gustave IV Adolphe.
[^5]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 874, août 1807, n° 151. Note sur la minute : « En suspens<i> - </i>Saint-Cloud, 28 août 1807 » puis au crayon : « Russie. Projet de lettre »</body> |
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