CG1-0539.md

identifiantCG1-0539.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/04/27 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 539. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Cherasco, 8 floréal an IV [27 avril 1796]</h2><p><br/> </p><p>Aujourd’hui, à deux heures après minuit, l’aide de camp du général Colli[^1] m’a apporté la lettre dont je vous envoie ci-joint copie. J’ai fait la réponse ci-jointe[^2]. J’attends cette nuit sa dernière détermination. Je fais passer la Stura à l’armée pour aller à la rencontre de l’aide de camp qu’il m’enverra.</p><p>Le roi de Sardaigne sera donc obligé de faire une paix telle que vous voudrez la lui prescrire, puisque, indépendamment des pays compris entre Coni, Cherasco, Alba et Alexandrie, nous avons la ville et les forts de Coni et la ville et les forteresses de Tortone et d’Alexandrie.</p><p>Si cela est conclu demain, je partirai le jour d’après, aux trousses de Beaulieu. J’obligerai le duc de Parme et de Plaisance[^3] à la paix. Je chercherai à passer le Pô, pour m’emparer du Milanais. Si vous n’acceptez pas les propositions du roi de Sardaigne, je serai plus à même, dans quinze jours, de prendre Turin, qu’actuellement ; j’aurai alors mon artillerie de siège ; j’obligerai Beaulieu à repasser le Pô ; ma jonction avec l’armée des Alpes sera plus facile, et j’aurai deux places fortes qui me serviront de dépôts. Vous sentirez combien il est essentiel que vous ne fassiez connaître votre détermination qu’à moi, afin que, si j’étais engagé au-delà du Pô, j’aie le temps de choisir des mesures et de profiter de l’instant favorable pour déclarer votre intention au roi de Sardaigne.</p><p>Dès l’instant que la suspension d’armes avec le roi de Sardaigne sera conclue, je ferai passer un de mes aides de camp en Suisse. Je regarde cet événement comme un des plus heureux qu’il soit possible de se figurer ; tous les généraux et le commissaire du gouvernement le voient comme moi.</p><p>Si je n’avais pas rempli votre but, et fait une chose contraire à vos projets, ce serait, je vous assure, le plus grand malheur que je puisse imaginer. J’avais, dans le temps, prévu le cas qui arrive, et demandé des instructions : on me répondit qu’il faudrait prendre conseil des événements dans les circonstances imprévues.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Bien que remplacé à la tête de l’armée, Colli participe aux négociations. [^2]: <span></span>Conditions posées par Bonaparte à une suspension d’armes : l’armée française conservera le terrain conquis ; les places de Coni, Cerva, Tortone ou, à défaut de cette dernière, Alexandrie doivent être livrées ; les États sardes seront dès lors considérés comme neutres jusqu’à leur évacuation par les Autrichiens, laissant libre le passage aux Français ; les troupes sardes devaient quitter les rangs autrichiens (voir<i>Correspondance</i>, n° 252). [^3]: Ferdinand de Bourbon. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 253, d’après la collection Napoléon.</body>
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