| identifiant | CG7-16071.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/07/29 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Soult, gouverneur de la vieille Prusse jusqu’à l’Oder |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 16071. - </b>Au maréchal Soult, gouverneur de la vieille Prusse jusqu’à l’Oder</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 29 juillet 1807</h2><p>Mon cousin, par l’article 2 de la convention
militaire<sup>[^1]</sup>
les troupes doivent occuper la Passarge jusqu’au 20 août. Mon
intention est qu’après le 20 août, elles restent derrière la
Vistule jusqu’au 15 septembre. Mon intention est que vous gardiez
l’île de Nogat jusqu’au dernier moment, afin de faciliter vos
subsistances. Ainsi, en supposant que vous évacuiez effectivement le
20 août la rive droite de la Vistule, cela doit s’entendre, la
rive droite du Nogat ; mais mon intention est que vous
n’évacuiez le 20 août la Passarge que dans le cas où les
dispositions suivantes seraient remplies :</p><p>1<sup>o</sup> Que les poteaux soient placés
autour de Dantzig pour déterminer la frontière de cette ville ;
et ici vous devez remarquer que la ville de Dantzig doit avoir un
territoire de deux lieues. J’ai toujours entendu que ce fussent
deux lieues allemandes, c’est-à-dire deux <i>Meilen</i><sup>[^2]</sup><i>.</i>
S’il y avait quelque interprétation à faire là-dessus, comme
cela doit représenter l’ancien territoire de Dantzig, deux lieues
de France ne le représenteraient pas, au lieu que deux <i>Meilen</i>
ou deux lieues allemandes de quinze au degré le représentent à peu
près. Ainsi, si les commissaires avaient interprété deux lieues de
France, vous reviendrez là-dessus et ne quitterez point que les
poteaux ne soient placés à la distance de deux lieues de quinze au
degré.</p><p>2<sup>o</sup> Je vous ai envoyé mes pleins
pouvoirs pour négocier la route militaire de la Saxe. Vous aurez
soin qu’avant d’évacuer Elbing et la Passarge, cette convention
soit faite à votre satisfaction, et selon les instructions que vous
avez dû recevoir de M. de Talleyrand.</p><p>3<sup>o</sup> Deux articles du traité<sup>[^3]</sup>
veulent que les plans, cartes, papiers, archives, ainsi que tous les
fonds appartenant au duché de Varsovie, à la Westphalie et à la
ville de Dantzig, soient remis pour la Prusse. J’ai chargé M.
Daru, qui doit être à Berlin, de faire connaître qu’il faut que
ces objets soient remis avant d’évacuer. Mon intention positive
est que vous n’évacuiez la Passarge qu’autant qu’on sera
d’accord sur ces articles ; que les papiers, argent et effets
appartenant aux établissements polonais et à Dantzig ne soient
remis, ou des sûretés données, et que des mesures ne soient prises
pour restituer tout ce qui est relatif au royaume de Westphalie ;
car, en évacuant la Passarge, du moment que tout ce qui est relatif
à la Pologne et à Dantzig sera restitué, vous ferez connaître que
vous n’évacuerez l’Oder que lorsque tout ce qui est relatif<sup>[^4]</sup>
au royaume de Westphalie le sera ponctuellement. Vous correspondrez
avec M. Vincent, mon commissaire à Varsovie, avec le général Rapp
à Dantzig pour ces objets, ainsi qu’avec M. Daru, à Berlin.</p><p>Vous aurez vu par l’article 6 de la convention
que les commissaires respectifs ont dû être réunis à Berlin le 25
juillet.</p><p>Quant aux contributions, vous n’évacuerez la
Passarge, que lorsque ce que doit la vieille Prusse sera payé, et la
Poméranie et l’Oder, que lorsque ce que doivent la Poméranie et
les provinces situées entre l’Oder et l’Elbe sera soldé.</p><p>Veillez à ce qu’on rende exactement tous nos
prisonniers et assurez-vous que les Prussiens n’en ont pas entre
leurs mains.</p><p>Une fois la Vistule évacuée, je ne veux pas
tarder à vous faire connaître que mon intention est que la ville et
place forte de Küstrin et son territoire de deux lieues autour ne
soient évacués que sur une lettre close de moi. Ainsi, quelque
ordre du ministre<sup>[^5]</sup>
que vous receviez, la forteresse, où vous mettrez une de vos
divisions et un général de division, ne sera évacuée que sur une
lettre signée de moi, que je vous enverrai à cet effet. Cette
clause est trop importante pour que je ne me réserve pas de
l’ordonner selon les circonstances.</p><p>Du reste, renvoyez en France les commandants
d’armes, gouverneurs, et employés qui vous seront inutiles, etc.</p><p>Par un article secret du traité de paix, la ville
de Dantzig sera occupée par mes troupes jusqu’à la paix avec
l’Angleterre. J’ai désigné les divisions Oudinot et Verdier
pour tenir garnison dans cette ville.</p><p>En évacuant tous les contours de cette ville,
vous y joindrez une brigade de cavalerie légère, de manière qu’il
reste sous les ordres du général Oudinot, à Dantzig, 1 600
chevaux. Ce corps placera des corps de garde près de tous les
poteaux, c’est-à-dire à deux lieues de 15 au degré de la ville.</p><p>Comme je n’écris pas aujourd’hui au maréchal
Davout, faites-lui connaître les nouvelles de Paris et les
principaux ordres que je vous ai donnés.<sup>[^6]</sup></p>
[^1]: La convention de Königsberg du 12 juillet 1807.
[^2]: La lieue allemande de « quinze au degré » (de latitude) équivaut environ à sept kilomètres et demi, soit le quinzième de la distance séparant deux parallèles. Le mille marin représente le quart de la lieue allemande (soixante au degré).
[^3]: Articles 25 et 26 du traité de Tilsit avec la Prusse du 9 juillet 1807.
[^4]: <span></span> La <i>Correspondance </i>porte : « ce qui appartient ».
[^5]: Berthier.
[^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 874, juillet 1807, n° 107.</body> |
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