| identifiant | CG1-0526.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1796/04/24 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joséphine |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 526. - </b>À Joséphine</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Carrù, 5 floréal an IV [24
avril 1796]</h2><p><br/>
</p><p style="background: #ffffff">À ma douce amie,</p><p>Mon frère[^1]
te remettra cette lettre ; j’ai pour lui la plus vive amitié.
Il obtiendra, j’espère, la tienne ; il la mérite. La nature
l’a doué d’un caractère doux, égal et inaltérablement bon ;
il est tout plein de bonnes qualités. J’écris à Barras pour que
l’on le nomme consul dans quelque port d’Italie. Il désire vivre
éloigné, avec sa petite femme[^2],
du grand tourbillon et des grandes affaires ; je te recommande.</p><p>J’ai reçu ta lettre du 16 et du 21. Tu as été
bien des jours sans m’écrire. Que fais-tu donc ? Oui, ma bonne,
bonne amie, je suis, non pas jaloux, mais quelquefois inquiet. Viens
vite ; je te préviens, si tu tardes, tu me trouveras malade.
Les fatigues et ton absence, c’est trop à la fois.</p><p>Tes lettres font le plaisir de mes journées, et
mes journées heureuses ne sont pas fréquentes. Junot porte à Paris
vingt-deux drapeaux. Tu dois revenir avec lui, entends-tu ? Si jamais
cela n’était pas fait de suite[^3],
qu’il ne vienne pas. Malheur sans remède, douleur sans
consolation, peines continues, si j’avais le malheur de le voir
venir seul, mon adorable amie. Il te verra, il respirera dans ton
temple ; peut-être même lui accorderas-tu la faveur unique et
inappréciable de baiser ta joue, et moi, je serai seul, et bien,
bien loin. Mais tu vas revenir, n’est-ce pas ? Tu vas être
ici à côté de moi, sur mon cœur, dans mes bras, sur ta bouche.
Prends des ailes, viens, viens ! Mais voyage doucement. La route
est longue, mauvaise, fatigante. Si tu allais verser ou prendre mal ;
si la fatigue... va doucement, mon adorable amie, mais sois souvent
et rapidement avec moi par la pensée.</p><p>J’ai reçu une lettre d’Hortense. Elle est
tout à fait aimable. Je vais lui écrire. Je l’aime bien et je lui
enverrai bientôt les parfums qu’elle veut avoir.</p><p>Lis à mon attention le chant de Carthon[^4]
... et dors loin de ton bon ami, pensant à lui, et sans inquiétude,
ni remords.</p><p>Un baiser au cœur, et puis un plus bas, bien plus
bas !</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">B. P.</h3><p>Je ne sais pas si tu as besoin d’argent ;
car tu ne m’as jamais parlé de tes affaires. Si cela était, tu en
demanderais à mon frère qui a 200 louis à moi.</p><p>Si tu as quelqu’un à placer, tu peux l’envoyer
ici, je le placerai. Châteaurenaud pourrait également venir.[^5]</p><p><br/>
</p><p style="text-align: right; margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm"><br/>
<br/>
</p><p><br/>
</p><p><br/>
</p>
[^1]: Joseph Bonaparte a été envoyé à Paris par son frère pour porter
des rapports au Directoire.
[^2]: Julie Clary.
[^3]: Lecture incertaine.
[^4]: <span></span><i>Carthon</i>, première traduction d’Ossian en langue française,
due à la duchesse d’ai et parue à Londres en 1762.
[^5]: <span></span><span lang="en-GB">
Charles Tennant, </span><span lang="en-GB"><i>A Tour through parts
of the Netherlands, Holland, Germany, Switzerland, Savoy and France
in the year 1821-2.., [..] also containing, in an appendix,
fac-simile copies of eight letters in the hand-writing of Napoleon
Bonaparte to his wife Josephine</i></span><span lang="en-GB">,
London : Longman, Hurst, Rees, Orme, Brown and Green, 1824, t. II,
p. 450-451.</span></body> |
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