CG1-0522.md

identifiantCG1-0522.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/04/24 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 522. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Carrù, 5 floréal an IV [24 avril 1796]</h2><p><br/> </p><p>Je vous fais passer la relation de la bataille de Mondovi[^1] ; vous verrez qu’elle fait le plus grand honneur à l’armée.</p><p>Vous trouverez ci-joint l’ordre d’aujourd’hui, où je prends différentes mesures contre le pillage[^2].</p><p>Vous ne vous faites pas une idée de la situation militaire et administrative de l’armée. Quand j’y suis arrivé, elle était travaillée par tous les esprits des malveillants, sans pain, sans discipline, sans subordination. J’ai fait des exemples ; j’ai mis tous nos moyens à remonter le service, et la victoire a fait le reste. Cependant notre peu de charrois, de mauvais chevaux, des administrations avides nous mettent dans un dénuement absolu de tout. Ma vie est ici inconcevable ; j’arrive fatigué, il faut veiller toute la nuit pour administrer, et me porter partout pour rétablir l’ordre.</p><p>Le soldat sans pain se porte à des excès de fureur qui font rougir d’être homme. La prise de Ceva et de Mondovi peut donner des moyens, et je vais faire des exemples terribles. Je ramènerai l’ordre, ou je cesserai de commander à ces brigands.</p><p>J’ai 100 000 hommes contre moi, qui n’en ai que 34 000 d’infanterie et 3 500 de cavalerie. L’ennemi a des places fortes et une artillerie nombreuse parfaitement outillée ; la campagne n’est donc pas décidée. L’ennemi est désespéré, il est nombreux et se bat bien. Il sait que tout me manque, et il espère tout du temps ; moi, j’espère tout du génie de la République, de la bravoure des soldats, de l’harmonie des chefs et même de la confiance que l’on me témoigne.</p><p>Avant peu de jours, le sort du Piémont sera décidé. Mais je vous prie de m’envoyer les officiers d’artillerie que j’ai demandés ; ceux du génie que l’on m’avait accordés, et dont pas un n’est arrivé ; un commissaire ordonnateur en chef, n’ayant que Lambert ici, ce qui ne suffit pas ; 1 000 hommes de cavalerie et 6 000 hommes d’infanterie. Spécifiez d’une manière claire mes rapports avec l’armée des Alpes[^3] ; dans peu de jours, j’irai lui tendre la main et la conduirai en plaine. Ordonnez, comme je le lui demande, qu’il y ait à Château-Dauphin[^4] 10 000 hommes prêts à entrer par le chemin que je leur ouvrirai.</p><p>Il n’y a pas un instant à perdre à donner vos ordres à l’armée des Alpes, si vous ne l’avez déjà fait ; car si je me présentais à Saluces, si je tournais la vallée de la Melle et que l’armée des Alpes tardât à entrer, tout serait manqué. Je ne puis faire qu’un corps jusqu’à Saluces, et trois corps pour ceux à ma droite[^5].</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: 21 avril 1796. Voir ci-desus, n° 517. [^2]: <span></span>Ordre du 22 avril,<i>Correspondance</i>, n° 214, d’après le dépôt de la Guerre. [^3]: Commandée par Kellermann. [^4]: Près de Briançon, en italien Casteldelfino. [^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 220, d’après le dépôt de la Guerre.</body>
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