| identifiant | CG7-15997.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/07/09 00:00 |
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| titre | Napoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15997. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures<sup>[^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Tilsit, 9 juillet 1807</h2><p>Monsieur le prince de Bénévent, l’adjudant
commandant Guilleminot doit se rendre au quartier général de
Michelson. Il ira de là auprès du grand vizir<sup>[^2]</sup>,
et il sera porteur d’une lettre dans laquelle vous notifierez au
grand vizir la paix qui vient d’être conclue et les articles du
traité qui concernent la Porte. Vous ferez connaître qu’il faut
que le grand vizir suspende les hostilités et qu’il conclue un
armistice avec le général Michelson, qui évacuera la Valachie et
la Moldavie, mais que lui-même ne doit pas entrer dans ces provinces
avant que le traité définitif soit réglé. Vous donnerez mes
instructions à l’adjudant commandant Guilleminot, et vous lui
communiquerez les articles qui concernent la Porte.</p><p>De là, cet officier se rendra à Constantinople.
Il sera porteur d’une lettre chiffrée de vous pour Sebastiani.
Vous ferez connaître à mon ambassadeur par cette lettre que mon
système sur la Porte chancelle et est au moment de changer ;
que, cependant, je ne suis pas décidé ; que la meilleure
amitié subsiste entre moi et la Russie ; que l’empereur
Alexandre a passé vingt jours ici et que j’ai lieu d’espérer
que notre union sera constante ; que, d’un autre côté, le
sort du sultan Selim<sup>[^3]</sup>
m’a été au cœur, et que le peu d’égards qu’on a eus pour
mon ambassadeur et pour mes troupes m’a été sensible ; qu’il
doit envoyer l’adjudant commandant avec des firmans de la Porte
pour que le traité soit exécuté ; que les troupes ottomanes
restent sur le Danube, tandis que les Russes resteront sur leurs
frontières, sans que la Valachie et la Moldavie soient occupées par
personne<sup>[^4]</sup> ;
que les Sept-Îles me sont données en toute propriété ainsi que
Cattaro, mais que cela doit rester secret ; qu’il faut qu’il
obtienne, s’il est possible, le passage par le Bosphore des quatre
vaisseaux russes qui appartiennent à la mer Noire ; que, s’il
l’obtient, sans trop choquer cependant la populace de
Constantinople, il en fasse part, par une lettre signée de sa main,
au général Michelson, qui l’enverra à Corfou. Il dira dans cette
lettre que le gouverneur<sup>[^5]</sup>
peut faire partir tant de vaisseaux, et qu’il ne leur arrivera
rien.</p><p>Il faut ménager la Porte, qu’elle envoie un
ambassadeur à Paris, et qu’elle accepte clairement ma médiation.
Vous ferez sentir que j’ai été choqué du renvoi de mes
canonniers et de ce qu’on a assez peu ménagé mon ambassadeur pour
ne pas lui faire de notification. Sebastiani témoignera, s’il est
possible, l’intérêt que je prends à Selim ; mais il y
mettra assez de ménagement pour ne pas accélérer sa mort. Il fera
connaître qu’il est ridicule que l’empereur Moustafa ne m’ait
pas écrit, à moi qui, seul, ai protégé son empire ; car,
enfin, les Turcs n’auraient pas résisté à la Russie si je ne les
avais pas protégés<sup>[^6]</sup>.
Je reste encore ami de la Porte ; mais je suis redevenu ami de
la Russie. Il faut donc toujours chercher des moyens de conciliation,
en évitant désormais tous ceux d’irritation et d’exaspération.</p><p>Vous ferez aussi une note au ministre turc à
Varsovie<sup>[^7]</sup>
pour lui annoncer que la paix est faite et que la Porte y est
comprise. Vous toucherez légèrement l’article de mon
mécontentement sur le peu d’égards qu’on a eus pour mon
ambassadeur depuis le nouveau règne, et sur le renvoi presque
honteux de mes canonniers.</p><p>Recommandez positivement à Sebastiani de renvoyer
en Dalmatie tous les canonniers et tous les Français que j’ai à
Constantinople.<sup>[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3>
[^1]: Cette lettre est à rapprocher de celle adressée plus haut à Alexandre le même jour, avec la note qui stipule les ordres à donner conjointement par la France et la Russie.
[^2]: Tchélébi-Mustapha.
[^3]: Selim III a été renversé et remplacé par Mustapha IV.
[^4]: Les Russes n’évacueront pas ces deux principautés.
[^5]: Mocenigo.
[^6]: Jusque-là, Napoléon avait annoncé le contraire en parlant de l’armée de Michelson opposée aux Turcs.
[^7]: Saïd Mohammed Emen Vahid.
[^8]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1779, fol. 36.</body> |
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