CG1-0519.md

identifiantCG1-0519.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/04/23 00:00
titreNapoléon à Barras, membre du Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 519. - </b>À Barras, membre du Directoire exécutif</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Lesegno, 4 floréal an IV [23 avril 1796]</h2><p><br/> </p><p>Je suis parti de Paris le 23 ventôse. J’ai commencé la campagne le 22 germinal. Jusqu’aujourd’hui j’ai livré six batailles à l’ennemi. Je lui ai fait en dix jours douze mille prisonniers, je lui ai tué six mille hommes, pris 21 drapeaux et quarante pièces de canons. Tu vois que je n’ai pas perdu mon temps et que j’ai répondu à votre confiance.</p><p>J’ai trouvé dans Mondovi des ressources considérables et qui me mettront à même de faire cesser le pillage horrible auquel se livre ma troupe manquant de tout. Les Autrichiens se renforcent tous les jours, il faut que vous m’envoyez des secours. Le général Châteauneuf-Randon a retenu deux demi-brigades destinées pour l’armée. J’ai ouvert la campagne avec trente quatre mille hommes d’infanterie et trois mille cinq cents hommes de cavalerie. J’ai besoin de grands secours pour ne pas être exposé à des revers, l’ennemi est fort, brave et bien outillé.</p><p>J’ai reçu ta lettre. Je te prie de me tenir instruit de ce que l’on fait à Paris où l’on dit qu’il y a des troubles[^1]. Je suis horriblement fatigué. Je désire beaucoup que ma femme vienne me rejoindre. La saison est belle et la route doit être moins fatigante.</p><p>Le Piémont est un pays superbe et abondant. L’effroi est jusqu’à Turin, encore une bataille et s’en est fait du Roi de Sardaigne. Je monte à cheval pour reconnaître la position de l’ennemi, faire mes dispositions pour le battre.</p><p>Adieu mon ami, bien des choses à tous nos amis sans oublier Tallien et sa femme.</p><p>Je fais partir demain Junot avec 21 drapeaux que j’envoie au Directoire.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p><p><i>Je te prie de faire obtenir une place dans la diplomatie ou la partie consulaire en Italie à mon frère</i>[^2].[^3]</p><p><br/> </p> [^1]: <span></span>Le « comité insurrecteur de la conspiration pour l’Egalité » de Babeuf avait commencé à faire parler de lui, diffusant imprimés et affichant placards dont le<i>Manifeste des Egaux</i>. Carnot, partisan d’une répression immédiate, avait obtenu le changement de plusieurs ministres. De son côté, Barras tentait de négocier pour diviser et réduire la faction « babouviste ». [^2]: Joseph Bonaparte est alors aux côtés de son frère en Italie. Sa carrière diplomatique ne commencera que l’année suivante, à Parme puis à Rome. [^3]: Expédition, Archives nationales, Papiers Barras, 171 AP 1.</body>