CG7-15965.md

identifiantCG7-15965.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/07/06 00:00
titreNapoléon à Alexandre Ier, empereur de Russie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15965. - </b>À Alexandre I<sup>er</sup>, empereur de Russie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Tilsit, 6 juillet 1807</h2><p>Monsieur mon frère, j’envoie à Votre Majesté le résumé des difficultés qui arrêtent nos négociateurs<sup>[^1]</sup>, ainsi que le <i>mezzo termine</i> pour tout concilier. Je désire que Votre Majesté les approuve, car je serais heureux d’apprendre que le traité de paix pût être signé aujourd’hui même. J’enverrai dans la journée à Votre Majesté la rédaction définitive du traité d’alliance, où tout se trouve mieux<sup>[^2]</sup>.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/> </p><p style="font-variant: small-caps"><br/> </p><p style="font-variant: small-caps">résumé</p><p>Il est trois questions que discutent aujourd’hui les plénipotentiaires français et russes.</p><p>Sur toutes les trois questions, il faut prendre un <i>mezzo termine</i> qui les concilie.</p><p>Première question : 200 000 âmes sur la rive gauche de l’Elbe, que la Russie désirerait être cédées à la Prusse. Les plénipotentiaires français objectent qu’il y aura, pour le système général de l’Europe, plus d’inconvénients que d’avantages en établissant entre la Confédération et la Prusse des limites incertaines et sujettes à discussion. Toutefois l’empereur Napoléon propose de faire un article secret, où il sera dit que si le Hanovre, à la paix avec l’Angleterre, venait à être réuni au royaume de Westphalie, alors des États sur la rive gauche de l’Elbe, jusqu’à la concurrence de 3 à 400 000 âmes, seraient restitués à la Prusse. Ce <i>mezzo termine</i> paraît concilier le différend.</p><p>Deuxième point de difficulté : quelle sera la limite de la Russie et du duché de Varsovie ? D’une part, on avait proposé de laisser à la Russie la portion du duché de Varsovie dont elle a réservé la possession à ses troupes par l’armistice. Mais cette démarcation formerait une pointe des États russes dans le duché de Varsovie et laisserait la frontière de la Narew jusqu’au Bug sans démarcation naturelle. D’un autre côté, les plénipotentiaires russes proposent d’arriver jusqu’à Sierock. Mais alors la frontière russe formerait également une pointe dans le duché de Varsovie. L’aigle russe serait vue des murailles de Varsovie. Ce serait véritablement une indication trop claire que Varsovie est destinée à passer sous la domination russe.</p><p>Or, puisque les deux projets ont des inconvénients, on propose un autre <i>mezzo termine</i> : c’est de tirer une ligne du point de la Narew où se trouve la ville de Suracz, de remonter la petite rivière de Liza jusqu’à sa source au village de Mien, où on suivrait un petit affluent de la rivière de Nurzek, la descendant jusqu’au Bug, à deux lieues à peu près au-dessus de Nur. Cela formerait en faveur de la Russie une population de 200 000 âmes du duché de Varsovie et donnerait à cette puissance des limites bien tracées.</p><p>Troisième difficulté : quelle sera la partie de la Pologne qui sera cédée au roi de Prusse, afin d’établir une continuité d’États depuis Königsberg jusqu’à Berlin ? On propose de suivre la limite du district de Bromberg depuis la Vistule jusqu’au village de Waldau ; de suivre ladite limite jusqu’à la chaussée de Schneidemühl, que l’on suivrait jusqu’à Driesen, et, de là, le thalweg de la Netze. Quant à la rive droite de la Vistule, on suivrait le district de Kulm, de sorte que Graudenz se trouverait dans le duché de Varsovie ; par ce moyen les États de Prusse auraient, depuis Königsberg jusqu’à Berlin, partout une étendue de plus de cinquante lieues. Ce tracé est un <i>mezzo termine</i> propre encore à concilier les différents intérêts.</p><p>Quant à l’échange de Memel contre une portion de la Saxe, cela ne forme aucune difficulté. La population en est peu importante. Ce n’est que pour suivre le même système de donner à chacun des limites fixes en suivant le thalweg des deux rivières.<sup>[^3]</sup></p> [^1]: Talleyrand pour la France, Kourakine et Lobanoff pour la Russie. [^2]: Voir la lettre suivante. [^3]: <span></span> Expédition, Archives des Affaires étrangères de l’Empire russe (AVPRI), fds Chancellerie, inv. 468, 1807, d. 6043, p. 11-12 (minute, Archives nationales, AF IV 874, juillet 1807, n° 27). [<i>C</i> 12862]</body>