CG7-15860.md

identifiantCG7-15860.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/06/13 00:00
titreNapoléon au maréchal Lannes, commandant le corps de réserve de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15860. - </b>Au maréchal Lannes, commandant le corps de réserve de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Preussisch-Eylau, 13 juin 1807, 9 heures du soir</h2><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, mon officier d'ordonnance arrive à l'instant. Il ne me donne pas assez de renseignements pour me faire connaître si c'est l'armée ennemie qui débouche par Friedland, ou seulement un parti. Dans tous les cas, la division Grouchy est en marche, et ce général, de sa personne, se rend sur-le-champ auprès de vous pour commander votre cavalerie<sup>[^1]</sup>. Le maréchal Mortier envoie aussi sa cavalerie pour appuyer la vôtre et se met en mouvement avec son corps d'armée. Selon les nouvelles que je recevrai, je ferai partir, à une heure du matin, le maréchal Ney pour vous soutenir.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le grand-duc de Berg<sup>[^2]</sup> est aux portes de Königsberg ; on entend une vive canonnade contre le corps du général Lestocq ; il paraît que le maréchal Soult<sup>[^3]</sup> a atteint, à Kreuzburg, l'arrière-garde de Lestocq ; la fusillade et la canonnade n'ont duré qu'une demi-heure ; ce qui fait supposer que cette arrière-garde a été culbutée. Le grand-duc n'attendait que de savoir que Domnau n'était pas occupé par l'ennemi, pour marcher avec l'infanterie sur Königsberg<sup>[^4]</sup>.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le maréchal Davout est sur la Frisching. J'attends à chaque instant de nouveaux détails.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Si, par les renseignements que vous aurez obtenus de vos prisonniers, vous avez été certain que l'ennemi n'était pas en force, je suppose que vous serez entré à Friedland et que vous vous serez rendu maître de ce poste important<sup>[^5]</sup>. Le 1<sup>er</sup> corps sera à Domnau, s'il est nécessaire, demain avant dix heures du matin. Écrivez-moi toutes les deux heures ; envoyez-moi l'interrogatoire des prisonniers, et, si vous êtes à Friedland, envoyez-moi le bailli, avec beaucoup de renseignements.<sup>[^6]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3> [^1]: <span></span> Constituée du 9<sup>e</sup> de hussards et de la cavalerie saxonne (chevau-légers et cuirassiers). [^2]: Murat. [^3]: <span></span> 4<sup>e</sup> corps. [^4]: <span></span> Napoléon a divisé ses forces en 2 parties distinctes : une aile gauche qui marche sur Königsberg avec Murat et les corps de Davout (3<sup>e</sup> corps), Soult (4<sup>e</sup> corps), les cuirassiers d’Espagne (3<sup>e</sup> division de cuirassiers) et Saint-Sulpice (2<sup>e</sup> division de cuirassiers), ainsi que les dragons de Milhaud (3<sup>e</sup> division) et la division de cavalerie légère de Lasalle. L’aile droite avec l’empereur, face à Friedland, est constituée des corps de Lannes (Réserve d’infanterie en avant-garde) soutenu par la 2<sup>e</sup> division de dragons de Grouchy, Mortier (8<sup>e</sup> corps), Ney (6<sup>e</sup> corps), Victor (1<sup>er</sup> corps) et enfin les cuirassiers de Nansouty (1<sup>ère</sup> division de grosse cavalerie), [^5]: <span></span> La minute (Archives nationales, AF IV 873, juin 1807, n° 56) intercale ici : « Dans tous les cas j’attends de vos nouvelles ». [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 12753, d’après l’expédition communiquée par le duc de Montebello. Note sur la minute : « portée par M. Paulin officier d’ordonnance » Paulin n’est pas officier d’ordonnance mais capitaine du génie et aide de camp du général Bertrand au quartier impérial. Extrait [catalogue de vente], Massol S.A., Archives Lannes, archives Noailles, <i>Armes et souvenirs historiques</i>, Drouot, 7 février 2006, p. 26, n<sup>o</sup> 40. </body>