CG7-15834.md

identifiantCG7-15834.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/06/05 00:00
titreNapoléon à Bigot de Préameneu, président de la section de la législation au Conseil d’État
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15834. - </b>À Bigot de Préameneu, président de la section de législation au Conseil d’État</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Finkenstein, 5 juin 1807</h2><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur Bigot de Préameneu, il est à notre connaissance que beaucoup de communes de notre empire ont un revenu qui surpasse leurs besoins. Un grand nombre de villes ayant perdu tous leurs biens pendant la Révolution, nous avons établi, par cette considération, des octrois municipaux. Cette mesure a été généralisée, et elle a porté non seulement sur les communes qui avaient éprouvé des pertes, mais aussi sur celles qui, ayant conservé leurs propriétés, ont fait payer leurs dettes à l'État, se sont affranchies du logement et du casernement et de divers autres services que l'usage avait mis à leur charge, et qui se sont ainsi trouvées avoir plus de revenus qu'avant la Révolution, en même temps qu'elles étaient déchargées de plusieurs dépenses considérables.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Nous avons toujours considéré les inconvénients de cette inégalité comme une suite naturelle des événements qui se sont passés. Mais, si nous avons conçu l'espérance, justifiée par plusieurs villes, que ces fonds, bien administrés, serviraient à améliorer les établissements qui existent et à en fonder de nouveaux, nous n'avons jamais entendu que ce surcroît de revenu occasionnerait un surcroît de dépenses inutiles.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">La commune de Dole paraît être du nombre de celles dont les recettes excèdent de beaucoup les dépenses ; mais elle est aussi, par sa situation, l'une des plus susceptibles d'embellissements, de travaux et d'établissements utiles. Le sous-préfet a censuré l'emploi de ses fonds et a dénoncé sa comptabilité. Notre intention est que, conformément au règlement du 11 juin 1806<sup>[^1]</sup>, une commission du Conseil, dont nous vous nommons président, vérifie les faits, fasse venir à Paris, si elle le juge convenable, le sous-préfet et le maire<sup>[^2]</sup>, et porte la plus grande attention à éclairer la comptabilité de la ville de Dole. </font> </p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Les lois qui régissent l'État doivent être exécutées avec rigueur, soit envers les dilapidateurs, soit envers les administrateurs qui emploieraient les deniers confiés à leur administration à se faire des partisans au lieu de les consacrer à des établissements avantageux aux communes. Le sous-préfet a fait son devoir en donnant son opinion à ses supérieurs sur les abus qu'il croyait apercevoir ; mais il s'en est écarté en la manifestant par un écrit rendu public. Celui qui a imprimé le premier, qui a invoqué l'opinion publique dans une simple affaire d'administration, et qui a donné à ses démarches le caractère d'une animosité personnelle, a eu un tort très grave. Il convient que vous vous attachiez à établir si ce tort appartient au sous-préfet ou au maire. Il convient aussi que votre rapport soit fait de manière qu'il puisse être imprimé pour servir à prévenir des écarts, dont il y a déjà trop d'exemples, et ces querelles publiques qui ne tendent qu'à aigrir les citoyens les uns contre les autres et qui tournent toujours au détriment de l'administration.<sup>[^3]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3> [^1]: Le décret du 11 juin 1806 donne au Conseil d’État un rôle dans la haute police administrative : examiner la conduite d’un fonctionnaire dans l’éventualité de poursuites pénales ou de sanctions administratives. [^2]: Respectivement, Roujoux fils et Bouvier. [^3]: Expédition, Bibliothèque et Archives du Conseil d’État, fonds Nougarède du Fayet.</body>