CG1-0504.md

identifiantCG1-0504.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/04/16 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 504. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Carcare, 27 germinal an IV [16 avril 1796]</h2><p><br/> </p><p>Je vous ai rendu compte, citoyens directeurs, des deux batailles que votre armée a remportées sur les armées autrichienne et sarde combinées. J’ai à vous rendre compte aujourd’hui des opérations de l’armée pendant la journée du 26, c’est-à-dire du combat de Dego, de celui de Saint-Jean[^1], de l’occupation de Montezenco[^2], et de ma jonction avec la division du général Sérurier, que j’avais laissée pour garder le <u>Tanaro</u> et la vallée d’Oneille.</p><p>La droite de l’armée, fatiguée du combat de la veille, qui avait fini fort tard, tout entière livrée à la sécurité de la victoire, se laissa enlever, à la pointe du jour, le village de Dego, par sept mille Autrichiens, qui vinrent l’attaquer avec la plus grande audace. La générale battit[^3] à l’aile droite, et immédiatement après au quartier général. Le général Masséna, dès l’instant qu’il eut rallié une partie de ses troupes, commença l’attaque. Nos troupes furent repoussées par trois fois différentes. Quand j’arrivai, je trouvai le général Causse ralliant la 99<sup>e</sup> demi-brigade, chargeant les ennemis, et prêt à les atteindre à la baïonnette, lorsqu’il tomba blessé à mort. La manière dont il s’était conduit la veille, sa conduite intrépide au moment de sa mort, l’ont fait vivement regretter du soldat.</p><p>La première chose qu’il me demanda lorsqu’il me vit, fut : <u>« </u><u>Dego est-il repris</u><u> ? »</u> Il était deux heures après midi, et rien n’était encore décidé. Déjà je faisais former en colonne la 39<sup>e</sup> demi-brigade, commandée par le général de brigade Victor, lorsque l’adjudant général Lanusse[^4] rallie la 8<sup>e</sup> demi-brigade d’infanterie légère, et se précipite, à la tête, sur la gauche de l’attaque. Un instant ses troupes chancelèrent, mais il les décida par son intrépidité. Ce brave officier a eu, pendant le combat, une épaulette emportée par une balle ; il s’est, depuis la guerre, distingué par son activité, son courage et ses connaissances. Je vous demande pour lui la place de général de brigade, vacante par la mort du général <u>Causse</u>[^5].</p><p>La cavalerie acheva la déroute, et recueillit grand nombre de prisonniers. L’on évalue la perte de l’ennemi à deux mille hommes, dont quatorze cents prisonniers, parmi lesquels plusieurs officiers supérieurs. Nous avons perdu, entre morts et blessés[^6], deux cent vingt hommes ; du nombre de ces derniers est le chef de brigade Rondeau[^7], surnommé le brave, et le chef de brigade Dupuis.</p><p>L’adjudant général Vignolle[^8], sous-chef d’état-major, et le commandant Murat, mon aide de camp, chef de brigade, ont beaucoup contribué au succès de cette journée.</p><p>D’un autre côté, le général <u>Rusca</u> s’est emparé de la position intéressante de Saint-Jean, qui domine la vallée de la Bormida ; il a pris deux pièces de canon, et fait cent prisonniers.</p><p>Le général de division Sérurier s’est emparé des hauteurs de <u>Battifollo</u>, de <u>Bagnasco</u> et de <u>Ponte-Nucetto</u> ; il a fait soixante et un prisonniers, parmi lesquels un lieutenant-colonel.</p><p>Le général Augereau a occupé les redoutes de <u>Montezenco</u>, que l’ennemi a évacuées à son approche ; il a, par là, ouvert nos communications avec la vallée du Tanaro et la division du général Sérurier.</p><p>Il m’est impossible de vous envoyer les traits de courage et les noms de ceux qui se sont spécialement distingués ; dès le moment que nous serons moins en mouvement, et que les différents généraux auront envoyé leur relation à l’état-major, je m’empresserai de vous en faire part.[^9]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p> [^1]: En italien San Giovanni di Muraldo. [^2]: En réalité Montezemolo. [^3]: <span></span>La<i>Correspondance</i>(n° 174) ajoute de « bientôt ». [^4]: François Lanusse (1772-1801), adjudant général au début de la campagne d’Italie, nommé général de brigade (avril 1796), fait prisonnier (novembre 1796) puis échangé, il ne doit pas être confondu avec son frère Pierre qui est son aide de camp. [^5]: Le Directoire accédera à la demande. [^6]: <span></span>Dans<i>la Correspondance</i>(n° 174) : « tant morts que blessés ». [^7]: <span></span>Gabriel Rondeau (né en 1757), chef de brigade, surnommé<font color="#000000">Le Brave</font><font color="#000000"> par ses camarades.</font> [^8]: <span></span><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote334anc" name="sdfootnote334sym">0</a>Martin Vignolle (1763-1824), adjudant général chef de brigade, à l’armée d’Italie depuis 1794, il est sous-chef d’état-major sous Bonaparte qui le nomme général de brigade en août 1796 pour récompenser ses services. Il est chef d’état-major par intérim lorsque Berthier se rend à Paris pour remettre au Directoire le texte du traité de Campoformio et devient ministre de la Guerre de la République cisalpine le 21 novembre 1797, fonction qu’il occupera jusqu’au 21 février 1799. [^9]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et documents, France, vol. 1769, fol. 10-11.</body>
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