| identifiant | CG1-0502.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/04/16 00:00 |
| titre | Napoléon à Carnot, membre du Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 502. - </b>À Carnot, membre du Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Cairo[^1], 27 germinal an IV [16 avril 1796]</h2><p style="background: #ffffff"><br/> </p><p>Vous trouverez ci-joint une lettre que je viens de recevoir, et qui vous fera voir que je n’ai plus d’espérance d’avoir de l’artillerie légère. Si on eût laissé partir la compagnie que vous m’aviez accordée, et qui avait déjà passé Montargis il y a un mois, je ne me trouverais pas dans cet embarras. Mais lorsque les commis veulent gouverner, voilà ce qui en arrive. Je ne conçois pas que l’on puisse, sans de mauvaises intentions, faire rétrograder une compagnie que j’avais demandée avec instance, et dont vous aviez ordonné le départ. Il est impossible de voir un bureau moins au fait de ses troupes que celui de l’artillerie, qui compte sur des troupes qui n’existent plus. Je vous prie aussi, mon cher Directeur, d’ordonner au général Châteauneuf-Randon[^2] de ne pas retenir les troupes qui sont destinées pour l’armée. L’ennemi est bien plus fort que nous ne pensions, se bat très bien, a beaucoup plus de cavalerie et d’artillerie que moi. J’espère cependant lui en conter aujourd’hui, faire une fausse marche pour chercher à lui investir un corps de six mille hommes, qui me paraît isolé de son armée.</p><p>Entre morts, prisonniers et blessés, il a perdu dans ce moment plus de douze mille hommes. Vous ne pouvez pas concevoir mon désespoir, je dirai presque ma rage, de ne pas avoir eu un bon officier du génie sur le coup d’œil duquel je puisse compter, cinq ou six officiers d’artillerie, auxquels vous aviez donné des ordres, et de me trouver sans artillerie légère, au moment où je suis en plaine.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p><br/> </p><p style="background: #ffffff; "><br/> </p> [^1]: Alors que toutes les lettres du 16 avril 1796 sont datées de Carcare, celle-ci a été écrite à Cairo, à plusieurs lieues au nord, probablement lors d’une reconnaissance de cette place par le général en chef. On ne peut s’expliquer autrement que par la gravité des nouvelles qu’il venait de recevoir que Bonaparte ait pris le temps de dicter ce courrier. [^2]: <span></span>Commandant des 9<sup>e</sup>et 10<sup>e</sup>divisions militaires. [^3]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 99, fol. 32.</body> |