| identifiant | CG1-0501.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/04/16 00:00 |
| titre | Napoléon à Carnot, membre du Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 501. - </b>À Carnot, membre du Directoire exécutif</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Carcare, 27 germinal an IV [16 avril 1796]</h2><p><br/> </p><p>Vous verrez, par la relation que j’envoie au Directoire, les détails de la bataille de Montenotte et de Millesimo. Je ne vous dissimule pas que je ne suis secondé ni par le génie ni par l’artillerie ; je n’ai pas ici, malgré l’ordre que vous en avez donné, un seul des officiers que j’ai demandés.</p><p>Le citoyen Milet-Mureau[^1] a mis une mauvaise volonté dont je porte spécialement plainte.</p><p>J’ai pris Montezemolo. Je n’ai pas un officier du génie capable de reconnaître Ceva[^2], et il faut que je m’y porte moi-même, et ma présence cependant est bien plus intéressante à ma droite, où, peut-être dans une heure, je serai aux mains avec Beaulieu en personne, qui a la rage dans le cœur et veut tenter un coup de désespoir. Pourriez-vous croire que je n’ai pas ici un officier du génie sortant de Mézières, pas un qui ait fait un siège ou qui ait été employé dans une place fortifiée ?</p><p>Les corps du génie et de l’artillerie sont livrés au commérage le plus ridicule ; on ne consulte jamais le bien du service, mais toujours la convenance des individus. Les adjoints du ministre répandent de l’eau bénite et la patrie en souffre.</p><p>Le citoyen Muiron, jeune chef de bataillon d’artillerie, connaissant le pays, un de ceux à qui vous avez donné l’ordre de venir, sur lequel au moins je comptais, ne viendra pas. Je vous envoie la lettre originale que m’a écrite Milet-Mureau ; vous verrez s’il y a quelque chose de plus bête ou de plus malintentionné.</p><p>De quel droit le citoyen Milet-Mureau donne-t-il contre-ordre à un chef de bataillon, lorsque vous aviez ordonné qu’il vînt ici ?</p><p>Il a fait la même chose pour une compagnie d’artillerie à cheval à qui vous aviez pareillement ordonné de venir ici ; il a écrit à Gassendi, non pas d’une manière engageante, mais faite pour le rebuter.</p><p>Je n’ai pas pu avoir d’ouvriers. Une autre compagnie d’artillerie légère, avec les ustensiles les plus indispensables, on l’a destinée pour Constantinople. Je ne vous parle pas du dénûment où je me trouve en argent, charrois et eau-de-vie ; je sais que vous avez fait tout ce qui était possible. Malgré tout cela, j’espère que nous nous en tirerons avec gloire et avantage pour la patrie.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Chef du bureau du Génie au ministère de la Guerre. [^2]: Ceva, entourée de vieux murs, sert de camp retranché dans le dispositif en voie de déliquescence de Colli. [^3]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 99, fol. 33.</body> |