| identifiant | CG1-0491.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1796/04/14 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 491. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Carcare, 25 germinal an IV
[14 avril 1796]</h2><p><br/>
</p><p>La campagne d’Italie a commencé. J’ai à vous
rendre compte de la bataille de Montenotte[^1].</p><p>Après trois jours de mouvement pour nous donner
le change, le général Beaulieu a fait attaquer par une division de
dix mille hommes la droite de l’armée, appuyée sur Voltri.</p><p>Le général Cervoni, qui y commandait, ayant sous
ses ordres la 70<sup>e</sup> et la 99<sup>e</sup> demi-brigade,
soutint le feu avec l’intrépidité qui caractérise les soldats de
la liberté. Je ne pris pas le change sur les véritables intentions
des ennemis. Dès l’instant que je fus instruit des circonstances
de l’attaque de la droite, j’ordonnai au général Cervoni
d’attendre la nuit et de se replier par une marche forcée et en
cachant son mouvement à l’ennemi, sur mon centre, qui était
appuyé sur les hauteurs de la Madone de Savone[^2].</p><p>Le 21, à quatre heures du matin, Beaulieu en
personne, avec 15 000 hommes, attaqua et culbuta toutes les
positions sur lesquelles était appuyé le centre de l’armée ;
à une heure après midi, il attaqua la redoute de Monte Legino, qui
était notre dernier retranchement. Les ennemis revinrent plusieurs
fois à la charge ; mais cette redoute, gardée par 1 500
hommes, était imprenable par le courage de ceux qui la défendaient.
Le chef de brigade Rampon[^3],
qui y commandait, par un de ces élans qui caractérisent une âme
forte et formée pour les grandes actions, fit, au milieu du feu,
prêter le serment à sa troupe de mourir tous dans la redoute. Les
ennemis passèrent la nuit à la portée du pistolet.</p><p>Pendant la nuit le général Laharpe, avec toutes
les troupes de la droite, prit poste derrière la redoute de Monte
Legino. À une heure après minuit, je partis avec les généraux
Berthier et Masséna, le commissaire Saliceti et une partie des
troupes du centre et de la gauche, et nous nous portâmes, par
Altare, sur le flanc et le derrière de l’ennemi.</p><p>Le 22, à la pointe du jour, Beaulieu, qui avait
reçu du renfort, et Laharpe s’attaquèrent et se chargèrent avec
vigueur et différents succès, lorsque le général Masséna parut
et sema la mort et l’épouvante sur le flanc et sur le derrière,
où commandait le général Argenteau. La déroute de l’ennemi a
été complète. Deux de ses généraux, Roccavina et Argenteau, ont
été grièvement blessés[^4].</p><p>La perte de l’ennemi se porte entre trois à
quatre mille hommes, parmi lesquels plus de deux mille cinq cents
prisonniers, un colonel, huit ou dix officiers supérieurs et
plusieurs drapeaux[^5].
Notre perte ne va pas à quatre cents hommes.</p><p>Quand j’aurai reçu tous les rapports, et que je
serai moins commandé par le travail, je vous enverrai une relation
détaillée qui puisse vous faire connaître ceux à qui la patrie
doit une reconnaissance particulière. Généraux, officiers,
soldats, tous ont soutenu dans cette journée mémorable la gloire du
nom français.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: Compte tenu des forces en présence, du déroulement des opérations
et du bilan de la journée, le mot « bataille » est
excessif.
[^2]: À 6 km de Savone, dans la direction de Carcare.
[^3]: Antoine Guillaume Rampon (1759-1842), chef de brigade (1794), il est
nommé général de brigade par Bonaparte pour son comportement
pendant la campagne d’Italie.
[^4]: Les deux hommes s’en sortiront.
[^5]: Les pertes autrichiennes n’excèdent pas 3 000 hommes.
[^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 148, d’après le
dépôt de la Guerre.</body> |
|---|
| |