CG7-15604.md

identifiantCG7-15604.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/05/11 00:00
titreNapoléon au maréchal Lefebvre, commandant le 10e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15604. - </b>Au maréchal Lefebvre, commandant le 10<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Finkenstein, 11 mai 1807, 4 heures après midi</h2><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je reçois vos trois lettres du 10 et la dernière datée de onze heures du soir. L'ennemi vous inquiète sur <u>Kahlberg</u> ; il a débarqué des troupes du côté de <u>Polski</u>, et onze bâtiments se sont laissé voir hier au soir dans le port de Dantzig. Il est donc possible que l'ennemi tente à la fois de porter des secours dans Dantzig par ces deux voies. J'attends le rapport des marins pour connaître ce que les onze bâtiments peuvent porter.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il ne paraît pas que l'attaque par la langue de terre puisse être sérieuse. Toutefois, j'ai ordonné qu'il fût jeté un pont à <u>Fürstenwerder</u> et que le <u>général Oudinot</u> y tiendrait un bataillon. Le pont une fois établi, la cavalerie qui est dans l'île pourra déboucher sur le flanc de l'ennemi. Si l'ennemi veut tenter quelque chose de sérieux, il est vraisemblable que ce sera par la mer. Jusqu'à cette heure, les secours que portent les onze bâtiments ne sont pas de nature à donner de grandes inquiétudes ; et si l'ennemi voulait employer 7 à 8 000 hommes pour secourir Dantzig, nul doute qu'il ne les envoyât par mer dans le camp retranché.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le 72<sup>e</sup> doit vous arriver le 16 ; envoyez à sa rencontre ; vous pouvez lui faire gagner une journée et le faire arriver le 15. Le maréchal Mortier ne doit pas tarder non plus à appuyer sa droite à deux journées de Dantzig, afin de se porter à vous si l'ennemi tentait quelque chose. Vous n'avez rien à craindre des Suédois, ni des Anglais, dont l'expédition ne sera prête qu'à la fin de mai. J'ai des nouvelles d'Angleterre du 28 avril.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le général Oudinot est en mesure, à Marienburg, de se porter partout où il sera nécessaire ; mais il ne faut pas que vous en disposiez, puisqu'il n'est pas sous votre commandement<sup>[^1]</sup>, et que vous êtes trop vieux soldat pour ne pas savoir qu'il faut que chacun fasse sa besogne. Jusqu'à cette heure, l'ennemi ne fait aucun mouvement sur la ligne ; vous pouvez être certain que, lorsqu'il sera décidé que l'ennemi se porte par mer ou par la langue de terre sur vous, on ne vous laissera pas seul.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites armer les redoutes avec des pièces de campagne ; faites établir le pont de radeaux dans l'île ; envoyez de la cavalerie et un général de brigade pour éclairer la presqu'île, et faites-moi un rapport exact sur la situation de vos troupes ; donnez-moi des renseignements sur ce qui arrive de nouveau.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Ne vous alarmez pas ; instruisez-moi promptement et exactement de tout. Faites avec vos forces tout ce qui est possible, et ne craignez pas qu'on vous laisse sans secours, quand il sera prouvé que l'ennemi s'affaiblit devant la Grande Armée. Mais mon intention n'est pas de déplacer les troupes, ni de disséminer une aussi bonne division que celle d'Oudinot.<sup>[^2]</sup></font></p><p style="font-variant: small-caps"><br/> </p> [^1]: <span></span> Il commande la 1<sup>re</sup> division du corps de réserve de Lannes. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 873, mai 1807, n° 121. Note sur la minute : « portée par M. de Montesquiou, officier d’ordonnance ».</body>