CG7-15539.md

identifiantCG7-15539.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/05/05 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, aide de camp de l’empereur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15539. - </b>Au général Bertrand, aide de camp de l’empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Finkenstein, 5 mai 1807</h2><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous partirez à midi pour vous rendre devant Dantzig ; vous y arriverez avant minuit. De minuit à six heures du matin, vous irez visiter toutes les tranchées ; vous verrez quelle est l'opinion du génie<sup>[^1]</sup> ; vous verrez le général La Riboisière<sup>[^2]</sup> et le parc ; après cela vous irez trouver le maréchal Lefebvre.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le maréchal Lefebvre me demande des ordres pour attaquer le 8, de vive force, le Hagelsberg. Cette demande m'est faite le 3, et j'avoue que je n'y comprends rien. Du 3 au 8, il y a cinq jours. La sape était éloignée, il y a deux jours, de 22 toises ; en cinq jours, en n'en faisant que 3 toises par jour, on ne sera éloigné que de 6 toises. Si la sape était à 6 toises le 8 ou le 10, il y aurait folie à faire attaquer de vive force sans profiter des ressources de l'art. Deux objections sont contre : 1<sup>o</sup> des palissades non rompues par l'artillerie, à moins qu'il n'y ait une position d'où on puisse les enfiler ; 2<sup>o</sup> les trappes et piquets au fond des fossés, mais surtout les fougasses<sup>[^3]</sup>, redoutables pour les troupes qui ne sont pas accoutumées à la guerre de siège ; officiers et soldats sont fort ignorants là-dessus ; aucun d'eux n'en a jamais vu ni fait. Ils se croient minés jusque sous les parallèles. Si le 8, on se trouve sur le chemin couvert, qui empêche de la couronner ? Mais d'ailleurs le couronnement du chemin couvert est inutile. Un chemin couvert ne se couronne pas pour établir les batteries de brèche ; je n'en ai pas besoin.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Du moment que je serai […], il faut cheminer par trois ateliers de mineurs, faire sauter le chemin couvert, les contrescarpes, arriver aux palissades, les briser à coups de hache et faire une gabionnade au fond du fossé. Alors, plus de difficulté de faire l'assaut, et d'enlever le Hagelsberg. Enfin, il est reconnu que les mineurs peuvent faire 3 toises par jour ; ils peuvent donc faire 15 toises en cinq jours. Encore une fois, mon opinion est que l'on n'a pas besoin de cheminer à ciel découvert aux 15 dernières toises, puisqu'il n'y a pas besoin de couronner le chemin couvert.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Si cependant, par des raisons que je ne suis pas à même d'apprécier d'ici, il était impossible de s'approcher assez près pour cheminer sous terre, et qu'on fût sûr de briser les palissades et de tenter un assaut, il faudrait le tenter au même moment où l'on menacerait avec les échelles et autres moyens d'attaque les autres points de la place. Si au contraire on continue à cheminer jusqu'au 10, et que la position de la presqu'île soit utile en cheminemant de la sape et pour appuyer son flanc gauche, il faut l'enlever sans délai.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous pourrez donc partir de manière à être arrivé le 7 dans la nuit, à Marienburg, où vous apprendrez si je suis encore au quartier général ou si j'ai été du côté d'Elbing.<sup>[^4]</sup></font></p><p style="font-variant: small-caps"><br/> </p> [^1]: <span></span> Le chef de bataillon du génie Larcher-Chabot commande le génie du 10<sup>e</sup> corps mais c’est Chasseloup-Laubat-Laubat, commandant en chef du génie de la Grande Armée qui dirige le siège. [^2]: <span></span> Commandant en chef l’artillerie pour le siège. L’artillerie du 10<sup>e</sup> corps est commandée par Boyvin de La Martinière. [^3]: Sorte de mines constituées de barils de poudre enfouis sous terre. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 873, mai 1807, n° 62.</body>