CG7-15418.md

identifiantCG7-15418.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/04/24 00:00
titreNapoléon à Jérôme, commandant du 9e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15418. - </b>À Jérôme, commandant du 9<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Finkenstein, 24 avril 1807</h2><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je reçois votre lettre du 10 avril. J’ai accordé un avancement dans la Légion d’honneur au général Lefebvre<sup>[^1]</sup>. J’ai fait ce que vous désiriez pour les officiers bavarois et wurtembergeois.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Renvoyez-moi mes cuirassiers et ma cavalerie légère, j’en ai besoin ; gardez les dragons.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Qu’avez-vous besoin de retourner à Breslau ? Restez au camp. J’aurais voulu qu’au lieu du général Lefebvre ce fût vous qui eussiez été au milieu du feu. J’attends que vous m’appreniez bientôt que Neisse<sup>[^2]</sup> est pris.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">En me privant de 2 000 chevaux, vous me faites grand tort. Pourquoi laissez-vous Lefebvre avec 1 800 hommes ? Il faut vous-même baraquer là avec tout votre monde.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le général Lefebvre s’est bien conduit, mais vous n’avez pu venir à son secours qu’à onze heures du matin. Ce sont là des dispositions qui ne vous font pas d’honneur ; vous méritiez d’être battu<sup>[^3]</sup>. Il est de principe à la guerre que même un corps de 12 000 hommes ne peut être éloigné de plus d’une heure du gros de l’armée. Si Lefebvre eût été battu, vous l’eussiez été aussi à onze heures ; ainsi vous vous seriez compromis. Faites véritablement la guerre. Portez-vous là, ayez là vos 6 000 hommes réunis. Jetez à une lieue en avant, sur le chemin de Glatz, et à une demi-lieue en avant de Silberberg, deux fortes avant-gardes, qui elles-mêmes tiendront des postes à une demi-lieue en avant. Vous n’avez alors rien à craindre de la garnison de Glatz, et vous pourrez me renvoyer ma cavalerie. Vous devez être levé à une heure du matin. Vos troupes doivent être sous les armes à deux heures, et vous au milieu d’elles pour recevoir les reconnaissances qui auront été envoyées sur tous les points. Vous ne devez rentrer à Frankenstein qu’à huit heures du matin, lorsqu’il est certain qu’il n’y a rien de nouveau.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vois que Lefebvre s’est distingué, mais je ne vois pas que vos dispositions soient bonnes ; et jusqu’à cette heure je n’ai pas eu occasion d’avoir bonne opinion de vos talents. Point de Breslau, ne serait-ce que pour ne pas faire dire que vous y êtes attiré par l’amour du plaisir<sup>[^4]</sup>.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je regarde vos opérations ; le succès ne fait rien, mais je ne vois pas encore que vous fassiez la guerre. Comment Hédouville et Deroy<sup>[^5]</sup> ne vous disent-ils pas cela ? C’est que chacun aime à flatter un prince, et que chacun aime à rester tranquille dans une bonne ville. Au milieu de cela vous n’acquérez pas d’expérience. Quelle leçon perdue pour vous que ce combat de Frankenstein ! La guerre ne s’apprend qu’en allant au feu.</font></p><p style="font-variant: normal"><br/> </p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt"><i>P.S.</i> Le feu a commencé aujourd’hui devant Dantzig. Nous y avons 60 pièces de canon de gros calibre en batterie.</font></p><p style="font-variant: normal"><font size="3" style="font-size: 12pt">Les Suédois ont été battus par le maréchal Mortier, qui leur a fait 1 000 à 1 100 prisonniers et pris six pièces de canon<sup>[^6]</sup>.<sup>[^7]</sup></font></p> [^1]: Lefebvre-Desnouettes. Il a battu le général prussien von Kleist près de Frankenstein (13-17 avril). [^2]: Le siège va encore durer plus d’un mois. [^3]: <span></span> Cette phrase est absente de la <i>Correspondance</i>, n° 12465, d’après les Archives de l’Empire. [^4]: <span></span> Ce paragraphe est absent de la <i>Correspondance</i>, n° 12465, d’après les Archives de l’Empire. [^5]: <span></span> Respectivement, le chef d’état-major du 9<sup>e</sup> corps et le général en chef des troupes bavaroises. [^6]: Voir CG7-15403 et 15407. [^7]: <span></span>Minute, Archives nationales, AF IV 873, avril 1807, n° 383.</body>