| identifiant | CG1-0467.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1796/04/07 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Joséphine |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 467. - </b>À Joséphine</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Albenga, 18 germinal an IV [7 avril
1796]</h2><p lang="en-GB"><br/>
</p><p>Je reçois une lettre que tu interromps pour
aller, dis-tu, à la campagne ; et, après cela, tu te donnes le
ton d’être jalouse de moi, qui suis ici accablé d’affaires et
de fatigue. Ah ! ma bonne amie !... Il est vrai que j’ai
tort. Dans le printemps, la campagne est belle ; et puis,
l’amant de dix-neuf ans s’y trouvait sans doute. Le moyen de
perdre un instant de plus à écrire à celui qui, éloigné de trois
cents lieues de toi, ne vit, ne jouit, n’existe que par ton
souvenir, qui lit tes lettres comme on dévore, après six heures de
chasse, un mets que l’on aime. Je ne suis pas content. Ta dernière
lettre est froide comme l’amitié. Je n’y ai pas trouvé ce feu
qui allume tes regards, et que j’ai cru quelquefois y voir. Mais
quelle est ma bizarrerie ! J’ai trouvé que tes lettres
précédentes oppressaient trop mon âme ; la révolution
qu’elles y produisaient attaquait mon repos, et asservissait mes
sentiments. Je désirais des lettres plus froides ; mais elles
me donnent le glacé de la mort. La crainte de ne pas être aimé de
Joséphine, l’idée de la voir inconstante, de la... Mais je me
forge des peines. Il en est tant de réelles ! Faut-il encore
s’en fabriquer ! ! ! Tu ne peux pas m’avoir
inspiré un amour sans bornes, sans le partager ; et avec ton
âme, ta pensée et ta raison, l’on ne peut pas, en retour de
l’abandon et du dévouement, donner en échange le coup de mort.</p><p>J’ai reçu la lettre de M<sup>me</sup>
Châteaurenaud[^1].
J’ai écrit au ministre pour Eugène. J’écrirai demain à la
première à qui tu feras des compliments d’usage. Amitié vraie à
M<sup>me</sup> Tallien et Barras.</p><p>Tu ne me parles pas de ton vilain estomac ;
je le déteste. Adieu jusqu’à demain, <i>mio dolce amor</i>. Un
souvenir de mon unique femme, et une victoire du destin : voilà
mes souhaits[^2].
Un souvenir unique, entier, digne de celui qui pense à toi à tous
les instants.</p><p>Mon frère est ici[^3] ;
il a appris mon mariage avec plaisir ; il brûle de l’envie de
te connaître. Je cherche à le décider à venir à Paris. Sa femme[^4]
a accouché ; elle fait une fille[^5].
Il t’envoie pour présent une boîte de bonbons de Gênes. Tu
recevras des oranges, des parfums et de l’eau de fleurs d’oranger
que je t’envoie.</p><p>Junot, Murat[^6]
te présentent leur respect.</p><p>Un baiser plus bas, plus bas <u>que le cœur</u>[^7].[^8]</p><p><br/>
</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">B.P.</h3>
[^1]: Nous ignorons le contenu de cette lettre.
[^2]: Après « voilà », le mots « pour ces trois » ont été barrés.
[^3]: Joseph venait de s’établir à Gênes.
[^4]: Julie Clary.
[^5]: Cette fille ne semble pas avoir vécu.
[^6]: <span></span><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote221anc" name="sdfootnote221sym">0</a>Joachim Murat (1767-1815), engagé en 1787, il entre au service de
Bonaparte au moment de Vendémiaire, le suit en Italie. Il est nommé
général de brigade le 10 mai 1796.
[^7]: Souligné trois fois.
[^8]: <span></span><span lang="en-GB">
Charles Tennant, </span><span lang="en-GB"><i>A Tour through parts
of the Netherlands, Holland, Germany, Switzerland, Savoy and France
in the year 1821-2.., [..] also containing, in an appendix,
fac-simile copies of eight letters in the hand-writing of Napoleon
Bonaparte to his wife Josephine</i></span><span lang="en-GB">,
London : Longman, Hurst, Rees, Orme, Brown and Green, 1824, t. II,
p. 448-450.</span></body> |
|---|
| |