| identifiant | CG1-0464.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/04/06 00:00 |
| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 464. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Albenga, 17 germinal an IV [6 avril 1796]</h2><p><br/> </p><p>En vain les ennemis du bien public répandent-ils avec profusion que les Français sont hors d’état de continuer la guerre ; en vain les lâches corrupteurs de la moralité publique osent-ils assurer que les armées ne soupirent plus qu’après la paix et que lasses de combattre, elles veulent l’acheter sous toute espèce de conditions. Ils ont pu se faire quelques prosélytes au milieu de quelques villes corrompues. Ils ont pu inspirer leurs lâches sentiments à quelques habitués des boudoirs et des spectacles ; mais au milieu des camps, où l’amour de la patrie a su conserver toute sa pureté, les soldats de la liberté, étrangers à toutes les factions ne désirent d’autre paix que celle qu’ils ont négociée par leur victoires. Ils veulent que les nouveaux traités de la République, en lui garantissant ses droits et sa liberté, lui conservent aussi toute la gloire qu’ils lui ont si généreusement acquise.</p><p>L’armée d’Italie va bientôt donner des preuves de cette assertion, s’il faut en juger par l’activité des préparatifs militaires et par les dispositions que font les généraux, on doit croire que les hostilités ne tarderont pas à commencer. De nouveaux renforts sont arrivés de Nice. Cette famine qui désolait l’armée depuis si longtemps et dont peut-être un jour l’histoire nous dira la cause, vient enfin de cesser. Les subsistances sont assurées ; les jeunes réquisitionnaires s’empressent de rejoindre leurs drapeaux. Le désir de combattre anime tous les soldats ; ils ont oublié toutes les horreurs de la dernière famine. Mais la patrie n’oubliera jamais la patience héroïque avec laquelle ils ont su les supporter. Ils brûlent tous de poursuivre les victoires que l’hiver vient d’interrompre et de négocier la paix en délivrant l’Italie des tyrans qui la subjuguent.[^1]</p><p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p lang="fr-FR"><br/> </p> [^1]: <span></span>Paul Canestrier,<i>Quelques lettres de Bonaparte général en chef de l’armée d’Italie</i>, dans<i>Nice Historique</i>, n° 30, 1938, p. 30 d’après les Archives du ministère de la Guerre.</body> |