| identifiant | CG1-0453.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1796/04/01 00:00 |
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| titre | Napoléon à Sucy, commissaire des guerres |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 453. - </b>À Sucy, commissaire des guerres[^1] [^2]</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Nice, 12 germinal an IV [1<sup>er</sup>
avril 1796]</h2><p style="text-align: center"><br/>
</p><p>Si l’ordonnateur en chef m’eût envoyé, il y
a sept jours que je suis arrivé, une lettre pareille à celle que je
reçois de vous, mon cher ordonnateur, j’eusse pris des mesures
pour assurer le service des fourrages ; mais toutes les lettres
que j’ai reçues de Gênes tendaient à m’endormir.</p><p>La route, depuis le Rhône jusqu’au Var, est
approvisionnée ; Nice l’est pour un mois, Menton l’est
également.</p><p>Par le courrier que je vous expédie, j’écris
au citoyen Navarre[^3]
pour le presser, et je donne des ordres au général Casalta. Je
serai demain au soir à Bordighera. Vous recevrez ci-joint l’état
du mouvement de la cavalerie. Les charrois filent à force, et demain
il part 2 000 mulets ; ils seront tous adressés à Finale
et Vado.</p><p>Si le citoyen Navarre est de bonne foi, avec les
avances qu’il a reçues à Paris et les 60 000 francs que vous
lui avez donnés, vous ne devriez plus avoir d’inquiétudes.
Transportez-vous à Varaggio et prenez des engagements pour 30 000
francs, à condition que les fourrages seront rendus à Loano,
Finale, Oneille, avant le 25 du mois ; je ferai honneur à vos
engagements, à Albenga[^4].</p><p>Le blé est assuré par la compagnie Flosque. Ce
citoyen, qui se rendra à Gênes, m’a promis 20 000 paires de
souliers, qui seront payées à Paris.</p><p>Je ferai partir demain 5 000 paires d’ici ;
12 000 paires partiront de Marseille. Vous remettrez la lettre
ci-jointe, par laquelle Collot ordonne à sa maison de faire partir
10 000 paires de souliers et 800 quintaux de foin. Pressez le
départ des souliers que vous avez achetés.</p><p>Je pars demain pour Bordighera. Je serai à
Albenga le 15 ; je vous y attends le plus tôt possible.</p><p>Le quartier général, composé de tous les agents
des services, est parti aujourd’hui. Lambert[^5]
part avec moi.</p><p>Adieu, mon cher ordonnateur. Activité et courage
![^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p style=""><br/>
</p>
[^1]: Simon Antoine François Marie de Sucy de Clisson (1764-1799),
héritier d’une charge paternelle de commissaire des Guerres, il
séjourne à Rome et en Italie avant de devenir député de la
noblesse aux Etats généraux puis commissaire des guerres du
Dauphiné. Il se lie avec le jeune Bonaparte à Valence en 1791. Il
est nommé commissaire ordonnateur à l’armée d’Italie à Nice
en 1795, puis, en septembre, ordonnateur en chef. Il rédige alors
un Mémoire sur la situation administrative de l’armée d’Italie
qui déplaît. Il est remplacé par Chauvet, son ancien subordonné
à Valence qui, lui aussi, connaît Bonaparte. Il accompagne
Saliceti à Gênes et ne sort plus de cet isolement volontaire,
acceptant simplement un petit temps d’intérim lors d’une
indisposition de Villemanzy.
[^2]: Á Gênes.
[^3]: Fournisseur aux armées.
[^4]: Malgré l’optimisme dont fait preuve Bonaparte, l’armée
d’Italie vit dans le plus total dénuement. Elle a même été
réduite à lancer une souscription auprès des retraités de
l’armée et à solliciter l’abandon d’une partie de leur solde
par les soldats pour disposer des sommes nécessaires pour assurer
le quotidien.
[^5]: Commissaire des guerres en chef.
[^6]: <span></span>Baron de Coston<i>, Biographies des premières années de Napoléon
Bonaparte, </i>Marc Aurel frères, 1840, t. 2, p. 461.</body> |
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