| identifiant | CG7-15021.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/03/31 00:00 |
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| titre | Napoléon à Eugène, vice-roi d’Italie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 15021. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 31 mars 1807</h2><p>Mon
fils, vous recevrez les ordres du major général<sup>[^1]</sup>,
qui vous expédie un courrier pour vous faire connaître que mon
intention est que, du 25 au 30 avril, les divisions de Brescia et de
Vérone soient rendues à Augsbourg<sup>[^2]</sup>.
Les 3<sup>es</sup> bataillons enverront de suite de forts
détachements pour compléter ces 15 bataillons, de sorte qu’à
Augsbourg ils aient un présent sous les armes de 16 000 hommes
et un effectif de 17 à 18 000 hommes, à raison de 140 hommes
par compagnie.</p><p>J’ai
ordonné que le 93<sup>e</sup> n’eût que deux bataillons, que tous
les hommes disponibles du 3<sup>e</sup> bataillon fussent versés
dans les premiers, et que les cadres du 3<sup>e</sup> allassent
joindre le 4<sup>e</sup> pour attendre l’arrivée des conscrits.</p><p>Sur
la levée que je fais de 80 000 conscrits, j’en destine 23 000
à l’Italie pour réparer ses pertes et porter les dépôts de
Naples, les 3<sup>es</sup> et 4<sup>es</sup> bataillons de la
division Duhesme, les dépôts du Frioul, etc., à leur grand
complet. Ces dispositions doivent être secrètes.</p><p>Immédiatement
après que vous aurez reçu le courrier du major général, vous
aurez donné tous vos ordres : vous aurez fait prendre pour
quatre jours de pain aux troupes des deux divisions ; vous les
aurez mises en marche, par la Rocca d’Anfo et Ala, sur Inspruck ;
vous aurez fait partir un commissaire des guerres pour préparer les
logements et le pain ; vous aurez fait payer à ces troupes un
mois de solde d’avance, afin qu’à leur passage en Tyrol elles
versent de l’argent et n’y manquent de rien ; vous aurez
fait atteler à Vérone vingt-quatre pièces de canon pour le service
de ces deux divisions ; à chacune de ces deux divisions vous
aurez attaché un commissaire des guerres ; pour servir les
pièces d’artillerie, vous aurez désigné les compagnies du même
régiment, complétées à 120 hommes ; vous y aurez attaché
également une compagnie d’artillerie à cheval ; vous aurez
donné à chaque division dix caissons d’infanterie bien
approvisionnés, ce qui fera 160 000 cartouches à chacune ;
vous leur aurez donné des officiers du génie et une compagnie de
sapeurs, avec un millier d’outils ; vous aurez donné à
chaque division une ambulance de chirurgie, avec six caissons pour
porter tous les objets d’ambulance ; enfin vous aurez tenu la
main à ce que chaque régiment ait avec lui les trois quarts de ses
chirurgiens, et à ce que chaque soldat ait deux paires de souliers
dans le sac et une paire aux pieds.</p><p>Les
généraux, les adjudants généraux, les états-majors doivent
marcher comme si les deux divisions devaient entrer en campagne à
Augsbourg. Vous aurez soin de faire partir avec les divisions, ou de
faire rejoindre, si elles étaient déjà parties, 5 à 600 hommes de
cavalerie, que vous prendrez parmi les neuf dépôts de cuirassiers
et chasseurs dont les régiments sont à la Grande Armée et les
dépôts en Italie.</p><p>Enfin
vous aurez soin qu’on ne connaisse pas en route la situation des
troupes qui passent. Vous ferez exagérer leur force sur leur
passage, et vous ferez connaître qu’elles vont rejoindre la Grande
Armée.</p><p>Huit
jours après que les corps seront partis et qu’il ne sera plus
possible de dissimuler, vous ferez mettre dans les gazettes que 15
régiments d’infanterie de ligne sont partis pour la Grande Armée,
et vont être remplacés par 15 autres venant de France et dont la
tête passe déjà les Alpes.</p><p>Vous
aurez soin que les chevaux soient bien attelés, qu’il y ait un
charretier pour deux chevaux ; et, comme il sera possible
d’avoir des chevaux en route, vous ferez bien de faire partir
quelques soldats du train en sus. Vous destinerez à ce service le
même bataillon du train.</p><p>Si
mes dépôts des neuf régiments ne peuvent pas fournir ces 600
hommes, dont vous feriez un régiment de cavalerie provisoire, vous
ferez partir les dragons italiens et les mettrez sous les ordres du
général Boudet.</p><p>Je
vous recommande que ces deux divisions soient parfaitement soignées
et ne manquent de rien.</p><p>Je
laisse intact le corps du Frioul. Vous placerez à Vérone la
division qui est à Bassano ; vous y appellerez, comme je vous
l’ai déjà mandé, les 3<sup>es</sup> bataillons du corps du
Frioul. Les conscrits qui vous arrivent, ceux qui vous arriveront,
vous mettront bientôt à même de recomposer les divisions de
Bassano et de Brescia, et de les composer chacune du même nombre de
bataillons qu’elles avaient ; cela ne pourra avoir lieu que
dans le courant de l’été. Je vous avais mandé de faire partir
pour Naples 15 ou 1 800 hommes ; vous pouvez vous dispenser
de faire cet envoi, afin d’appeler à la division de Vérone un
plus grand nombre de conscrits. À mesure qu’ils arriveront,
appelez à votre camp de Vérone des bataillons des dépôts de
Naples, composés de six compagnies, en laissant trois compagnies au
dépôt.</p><p>Tout
me porte à penser que l’Autriche veut rester tranquille ;
toutefois, ce qu’il y a à faire aujourd’hui, c’est de pousser
à force les travaux de Palmanova, Osoppo et autres places fortes.</p><p>Enfin
vous placerez au camp de Vérone le 1<sup>er</sup> d’infanterie
légère et le 42<sup>e</sup>. Je ne tarderai pas à y faire venir le
112<sup>e</sup>. Ces trois régiments pourront faire une division.
J’attendrai les idées que vous-même me donnerez là-dessus pour
arrêter les miennes définitivement.</p><p>Portez
la plus grande attention à remonter les dragons ; si le roi de
Naples a envoyé un régiment de dragons napolitains, dirigez-le
sur-le-champ sur Augsbourg.</p><p>Les
choses vont ici fort bien ; le renfort que j’appelle ne m’est
pas indispensable, mais j’ai cru utile d’avoir un corps
d’observation qui se trouvât en seconde ligne avec le corps que le
maréchal Brune commande à Hambourg et celui que le maréchal
Mortier tient devant Stralsund.</p><p>Vous
recevrez par le <i>Moniteur</i> mon message au Sénat, et vous y
verrez que je viens de former 30 nouveaux bataillons, qui pourront se
porter partout où il sera nécessaire. D’ailleurs, il est probable
qu’avant deux mois de grands coups se donneront, qui décideront de
la guerre.</p><p>Envoyez-moi,
par un officier d’état-major, l’état de situation des troupes
que vous m’envoyez, comprenant l’artillerie, l’infanterie, la
cavalerie, leur armement, habillement, équipement. Dans le cas,
qu’il faut prévoir, où les routes seraient empestées par des
partisans ou des brigands, il faut que vos officiers ou courriers
cachent toujours leurs dépêches en les cousant entre les semelles
de leurs bottes.</p><p>Je
garderai ici une quinzaine de jours votre aide de camp d’Anthouard<sup>[^3]</sup>.</p><p>La
division italienne fait le siège de Kolberg<sup>[^4]</sup> ;
elle est un peu pillarde ; mais, du reste, je suis assez content
d’elle, et l’on m’en fait d’assez bons rapports.</p><p>Pour
commander les divisions de Vérone, il me semble que vous avez les
généraux Duhesme et Clauzel. Toutefois je ne tarderai pas à vous
envoyer un bon général de division.</p><p>Comme
il serait possible que le courrier du major général tardât à vous
arriver ou se perdît, je prends le parti de vous envoyer un
duplicata de l’ordre que j’ai donné au major général, et qu’il
vous a transmis par ce courrier. Si ce duplicata vous parvient avant
l’ordre, vous exécuterez ce qu’il prescrit.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3>
[^1]: Berthier.
[^2]: Voir plus haut les ordres à Berthier et Lacuée.
[^3]: Premier aide de camp du prince Eugène, il a été chargé d’annoncer à Napoléon la naissance de Joséphine-Maximilienne, le 14 mars. Il servira ensuite aux sièges de Dantzig et Graudenz.
[^4]: La division du général Teulié.
[^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 12247, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg (minute, Archives nationales, AF IV 872, mars 1807, n° 514). Extrait [catalogue de vente], Michel Castaing expert, <i>Autographes et documents historiques</i>, Versailles, 21 décembre 1976, n° 122.</body> |
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